jeudi 2 octobre 2014

Le CRFPA - mon bilan

La genèse - Pourquoi s'infliger une épreuve pareille ?

En terminale (oui je reviens aussi loin que ça), certains de mes profs m'ont proposé de faire une prépa pour les écoles de commerce. Après ça disaient-ils je pourrais aller n'importe où.
Certes. 
N'empêche qu'à l'époque la perspective de "gâcher" deux ans de ma vie à bosser comme une acharnée ne m'enchantait guère. A vrai dire j'étais bien plus préoccupée par l'état de mes relations amoureuses que par ce que j'allais faire de ma vie professionnelle. La vie professionnelle pour moi c'était un truc flou, un peu loin. Avec le recul, je me rends compte qu'à l'époque certaines de mes copines avaient déjà une idée assez précise de là où elle voulait aller. Moi je ne m'en étais jamais vraiment préoccupée.
J'ai passé le concours sciences-po. Je voulais devenir journaliste. J'en avais vraiment envie je crois dans le fond mais j'étais jeune et bête, et encore une fois je m'intéressais bien plus aux garçons et aux soirées qu'au concours sciences-po. J'étais flemmarde aussi (je le suis toujours si ce n'est plus). J'y suis allée les mains dans les poches, sans révisions (sauf celles du bac). Evidemment je ne l'ai pas eu.
Je ne deviendrais probablement jamais journaliste mais de toutes façons de ce que je vois du monde médiatique, je crois que je ne me serais vraiment pas plu là-dedans. Quand je vois le traitement de l'information aujourd'hui, je n'ai vraiment aucune envie de faire partie de ce milieu-là. Peut-être que sciences po m'aurait offert de nouveaux horizons, sans doute même, mais j'ai préféré continué en droit et je ne le regrette pas car ça a été de vraies belles années.

Je me suis inscrite en droit pour de mauvaises raisons, parce que je me disais que je rattraperais le concours sciences po en 4ème année, parce qu'une amie à moi y allait déjà, parce que j'avais été visiter les locaux et qu'ils me paraissaient agréables. Je ne savais pas à quoi m'attendre avec le droit, vraiment pas. Je me suis embarquée là-dedans complètement à l'arrache. Aller à la fac me plaisait. L'idée me plaisait. Bim. 
J'ai redoublé ma première année sans que je le vive comme un drame.
J'ai découvert le droit administratif en deuxième année et ça a été vraiment chouette. J'ai appris à aimer mon G.A.J.A, j'ai compris que Morsang sur Orge n'était pas qu'un arrêt LOLILOL qui parlait de nains, j'ai bossé sur le service public, sur la police administrative et j'ai vraiment aimé ça.
En troisième année, j'ai fait en sorte de ne choisir quasi que des matières de droit public et quand est venue la fin de la 3ème année, j'ai finalement décidé de ne pas repasser sciences po, par flemme (tiens tiens le retour de la flemme), parce que je n'en avais plus vraiment envie, parce que j'étais bien là où j'étais, parce que j'avais rencontré des gens sympas à la fac, parce que le droit public me plaisait, parce que j'étais bien plus intéressée encore une fois par mes histoires sentimentales. 
J'ai quand même décidé de trouver un métier, de faire en sorte que le droit public me mène quelque part. J'ai fait un Master 1 Administration publique pour me préparer aux concours de la fonction publique. Ca a été une année assez ennuyeuse. J'ai passé un concours de la fonction publique encore une fois sans réviser, les mains dans les poches, j'y suis allée seulement le matin, je n'ai même pas le souvenir d'avoir regardé ma note (fille paumée coucou). 
J'ai continué dans un master 2 en droit de l'environnement. J'ai fait un stage en contentieux qui m'a plu, j'ai rencontré des élèves avocates intéressantes, je me suis dit que la profession d'avocat était peut-être une option intéressante. J'ai décidé de passer le concours.
C'est aussi simple que ça.
Je pense aussi avec le recul que j'avais peur de me confronter au monde du travail en sortant du master 2. Ce n'est pas comme si j'avais fait un M2 en droit des affaires, on ne se fait pas embaucher comme ça à la sortie d'un M2 droit de l'environnement.

J'ai donc décidé de passer le CRFPA.
Vous l'avez compris, ça n'a jamais été une ambition, ça n'a jamais été un rêve. J'ai découvert la profession, ça m'a plu, je me suis dit "pourquoi pas ?" et voilà. L'un des gros avantages de la profession d'avocat est la liberté, du moins quand on a un peu d'expérience. Je suis quelqu'un qui aime travailler "sans contrainte" et "dans le rush". J'aime bien pouvoir bosser jusque 3h du mat' si ça me chante sans qu'on vienne m'emmerder et inversement, j'aime bien pouvoir aller glander deux heures dans l'aprèm si je veux. J'ai bien conscience que la profession d'avocat ce n'est pas que ça, loin de là mais n'empêche qu'il y a quand même plus de libertés que dans une administration. En plus je n'ai jamais autant appris qu'en faisant du contentieux, j'adore chercher la petite bête.

Le bon côté c'est que si je ne l'ai pas, je ne vivrais pas ça comme un échec, le mauvais côté c'est que du coup je ne me suis sans doute pas autant investie que j'aurais du.




La préparation au concours - Flemme et procrastination.

J'ai eu mon Master 2 l'année dernière, j'avais donc une année pour me préparer à ce concours, sans avoir de cours. J'ai commencé par un stage en cabinet d'avocats de septembre à décembre qui n'a pas forcément été exceptionnel même si j'ai vu deux trois trucs intéressants.
En janvier, j'ai commencé à m'y mettre. Oui oui en janvier. Tout doucement j'ai commencé mes fiches. Je me disais qu'au moins elles seraient prêtes pour l'été. Sauf qu'au final ça a été bien plus compliqué que ça.
J'ai eu des problèmes de sous. Sans m'étaler sur le sujet, je fais partie de ces gens qui n'ont droit à rien - ou pas grand chose -  mais dont les parents ne vous aident pas beaucoup. J'ai du trouver un job au plus vite. J'ai bossé dans un fast-food. J'ai tenu un mois. J'avais l'impression de passer ma vie là-bas et à côté de ça je n'arrivais pas à bosser le concours. Ca a été le début de la culpabilité. Avec le recul, je me dis que j'avais largement le temps de le bosser ce concours. 
Après le fast-food j'ai trouvé un job d'assistante à mi-temps chez un avocat pénaliste, ce qui rétrospectivement a été sans doute l'une des meilleures expériences de ma vie mais j'y reviendrais. A partir de là j'ai quand même été plus sereine. J'allais travailler chez cet avocat et le reste du temps j'essayais de ficher. Oui essayer. A partir de là j'ai l'impression que le temps a filé sans que je m'en rende compte. Je ne me suis privée de rien, J'ai vu tous les matchs de la France de la coupe du monde, je suis allée voir des amis à Paris, j'ai passé des journées entières à lire des livres au lit. Mais pour tout vous dire finalement je n'ai que peu de souvenirs de cette période. Je sais que je n'étais pas aussi efficace que je l'aurais voulu, je sais que je commençais déjà à culpabiliser parfois. Je n'avais toujours pas fini mes fiches pour toutes les matières et je ne comprenais pas pourquoi j'avançais si lentement.
L'été est arrivé. Un jour j'ai regardé le calendrier et on était au mois de juillet (je vous jure que c'est l'impression que ça m'a fait) j'ai enfin fini mes fameuses fiches. Je n'ai pas fait de prépa. Je ne pouvais me payer la prépa + un été à ne "rien faire", j'ai choisi de vivre sur les sous que j'avais pu mettre de côté.





Avec l'été a du commencer l'apprentissage. Et c'est là que ça a été très dur. Je pense avec le recul que si j'avais eu des cours pendant l'année j'aurais été dans la lancée, dans le mouvement et j'aurais pu enchaîner avec le concours. Sauf que la dernière fois que j'ai réellement appris des cours ce devait être pour ma troisième année.
Je me suis donc retrouvée là avec ma centaine de fiches en droit des obligations à me demander comment j'allais pouvoir apprendre tout ça. Sans oublier le droit public économique dont le programme est beaucoup trop vaste pour que vous puissiez le couvrir en un été et la procédure administrative que je maîtrisais déjà mieux. Je devais donc comprendre, apprendre, tout retenir.

J'ai eu des journées entières de procrastination, de glande. Et de la vraie glande. A ne rien faire. A se dire "allez je regarde ça 10 minutes et je m'y mets" et au final tu passes des heures à regarder des vidéos de chats qui rigolent sur Youtube, à regarder les profils Facebook de gens dont la vie t'intéresse autant que le premier string de ta grand mère en temps normal, à regarder ce qui se cache sur Instagram sous les hashtags les plus débiles possibles, à regarder les autres avoir une vie cool. J'ai passé des journées entières dans mon lit avec mes fiches à côté de moi sans m'y mettre. A regarder l'heure, voir 17h et m'y mettre enfin. Avoir un coup de stress à minuit et bosser jusque 3h du mat, te lever à 10h le lendemain et culpabiliser parce que certains sont levés depuis 7h et ont déjà commencé à bosser et ont une hygiène de vie bien meilleure que la tienne. J'ai aussi passé des soirées à dire non à mes amis pour sortir pour finalement glander chez moi devant mon PC. Le pire c'est que je me disais "mais au lieu de rien foutre, fais au moins des trucs sympas comme lire un bouquin" mais je me refusais à ça parce que je "devais bosser".






Pétage de plombs et culpabilité.

Je ne vous raconte pas le nombre de fois où j'ai failli tout arrêter, tout plaquer, faire un gros fuck à tout ça et tout arrêter. Il y a eu un soir en particulier où j'ai littéralement explosé. J'ai eu envie de tout envoyer péter et j'étais vraiment à deux doigts de tout arrêter. J'ai pris deux ou trois jours pour ne plus penser au CRFPA et ça m'a fait un bien fou d'oublier un peu. J'ai remis les choses en perspective en me demandant comment j'avais bien pu en arriver là pour un concours que je n'étais même pas sûre de vouloir à la base, pour un concours où je m'étais toujours dit "si je l'ai c'est bien, si je l'ai pas c'est vraiment pas grave, je ferais autre chose". Je m'étais laissée embarquer par la pression du concours, par la pression que tout le monde te met, que tu te mets tout seul parce que tu as entendu parler de ce concours des dizaines de fois comme le truc le plus horrible et le plus compliqué au monde. J'ai dit "stop", je fais ce que je peux, je ne culpabilise plus, si je l'ai c'est très bien, si je ne l'ai pas ce n'est pas grave. Comme c'était ma première fois je me suis dit que j'allais voir ça comme un test. Ces bonnes résolutions ont réellement marché une semaine. Après j'ai repris mon mode de vie pas très sain, à me coucher à des heures pas possibles etc mais je me suis quand même moins laissée bouffer par le concours, je me disais toujours "on verra bien".





Puis j'ai pris une petite semaine de vacances dans ma famille en Bretagne avec la ferme intention de réussir à bosser un peu. J'ai eu mes fiches quasiment tout le temps sur moi, j'ai du en lire deux en six jours. Ces vacances m'ont fait du bien mais avec le recul j'aurais du vraiment déconnectée, ça n'aurait pas changé grand chose de toutes façons.

Quand je suis revenue, c'était la fin août, à trois semaines du concours, c'était le moment de mettre les bouchées doubles. Impossible. J'en avais marre. RAS LE CUL. RAS LE BOL. Je voulais que ça s'arrête. J'en avais marre de me lever le matin pour réviser. Marre de devoir apprendre ces trucs. J'avais 25 ans et envie de gagner ma vie. Réussir le concours signifiait aussi retourner 6 mois à l'école et je n'étais plus sûre d'en avoir envie. je saturais complètement. J'avais mes fiches en horreur. Je remettais tout en cause, je trouvais (et trouve toujours d'ailleurs) les épreuves de ce concours complètement débiles. Je sais bien qu'il faut faire une sélection, n'empêche que je trouve ça bête de nous interroger sur des matières de droit comme ça, alors que c'est très loin de la pratique du métier. Bref, c'était la dernière ligne droite et je n'ai vraiment pas bossé comme j'aurais du. 
J'ai vraiment rebossé quelques jours avant les premières épreuves. Oui c'est mal.
Pour ça je tiens vraiment à remercier un de mes potes qui m'a envoyé ses notes de prépa que j'ai lues quelques jour avant l'épreuve de droit des obligations et qui m'ont été d'une grande aide car le cas pratique que nous avons eu en droit des obligations portait sur pas mal de points contenus dans ses notes.




Quand Twitter est devenu anxiogène.

Au début de l'été sur Twitter le hashtag #CRFPA a fleuri de partout et c'était vraiment très agréable de découvrir plein de gens qui comme moi allaient passer ce concours mais c'est très vite devenu une énorme source d'angoisses de voir les autres qui bossaient et pas moi, d'en voir certains levés depuis 7h qui avaient déjà eu le temps et le courage de faire 10 000 trucs, de voir des gens qui se posaient des questions entre eux sur des questions de droit dont les termes ne me disaient strictement rien. Se comparer aux autres a été vraiment très difficile pour moi. J'ai donc arrêté Twitter quelques temps. Dès que je voyais le hashtag #CRFPA je le fuyais au plus vite. Très vite. Mais j'ai quand même rencontré des gens sympas qui valent la peine d'être suivis (qu'ils deviennent avocats ou non) : 
Et sur Instagram : juriurbanenergyhealthy_wenn et dreamyjurist




Les écrits - le grand saut...

Je crois que je n'ai jamais autant stressé que le premier jour. Avant l'épreuve, je faisais les 100 pas chez moi en chantant une chanson, toujours la même, histoire de me vider la tête et de ne surtout pas penser à l'épreuve qui m'attendait. Je pense que si quelqu'un m'avait vu je serais passée pour une vieille barge sous prozac.
C'était l'épreuve la plus dure selon moi : droit des obligations + procédure administrative, le tout en 5h.
Et BIM.
J'ai passé deux heures sur droit des obligations et trois heures sur procédure administrative. 
En procédure administrative nous sommes tombés sur le seul arrêt qui est tellement évident que tu te dis "non ça tombera jamais là-dessus" et puis bah si en fait (l'arrêt Tarn et Garonne de 2014 pour ceux qui connaissent). Et là tu te maudis de ne pas avoir lu tous les commentaires qui ont été faits dessus depuis qu'il est sorti. Bien sûr j'ai lu plein de choses dessus mais toujours un peu de loin en me disant "non ça tombera pas". Bon la bonne nouvelle c'est que quand même j'avais des choses à dire. La mauvaise c'est que je doute que ce que j'ai raconté soit réellement pertinent et surtout je pense qu'il y aura des copies bien meilleures que la mienne. 
En droit des obligations, 4 cas pratiques. Je n'attendais rien de cette épreuve étant donné que ce n'est vraiment mais alors vraiment pas une de mes matières favorites et qu'en plus le prof qui fait l'épreuve a la réputation d'être sadique puissance 12 (l'année dernière ils ont eu un cas pratique sur le bail... bien bien, ce n'est PAS au programme). Au final, cette année il semblait s'être calmé et nous a pondu des cas pratiques d'une difficulté correcte je dirais. Après c'est du droit des obligations, je suis littéralement une grosse merde dans cette matière, je peux donc très bien m'être plantée de A à Z. 

Le paradoxe de tout ça c'est que je suis ressortie de cette épreuve assez remotivée en fin de compte en me disant "en fait c'est ça le CRFPA c'est pas SI compliqué que ça". J'avais vu ce que c'était, je savais à quoi m'attendre, il n'y avait vraiment pas de quoi paniquer. J'ai passé une semaine assez sereine à réviser tant bien que mal droit public économique. Puis les dernières 24h finalement un petit vent de panique a pris le dessus et j'ai travaillé plus que je n'aurais du. Le matin j'étais toujours aussi stressée et puis quand j'ai découvert le sujet.... hum. Un arrêt de la CJUE. OKAY LES GARS. Le genre de commentaires que tu fais deux fois au cours de tes études, le genre de trucs sur lequel TU NE VEUX PAS TOMBER. Je me suis débrouillée comme j'ai pu. Encore une fois j'avais des choses à dire mais je ne suis pas forcément convaincue par ce que j'ai raconté.
Le lendemain j'avais la note de synthèse, j'ai relu la méthodo une bonne dizaine de fois avant d'y aller. Un de mes gros défauts quand je fais une note de synthèse est que je pars bien trop souvent en dissertation en rajoutant ma touche personnelle. Là j'ai collé au sujet, A MORT. Un peu trop peut-être. En y repensant ma note de synthèse ressemble peut-être plus à un résumé qu'à une note de synthèse qui demande en général un minimum d'analyse. 
Je suis ressortie de là complètement vidée mais aussi DELIVREE LIBEREE.




J'ai passé ma soirée à jouer à des jeux vidéos (oui aux Sims ... ça va hein) dans un état semi-comateux. Ca fait une semaine que mes écrits sont terminés et je crois que je ne réalise toujours pas que j'ai passé le barreau. J'AI PASSE LE BARREAU. MOI. 
Ca me paraît foufou tellement dans ma tête j'ai l'impression d'être toujours cette gosse de première année.
Alors vous savez quoi ? Même si je ne l'ai pas je serais quand même super fière de moi de l'avoir passé, d'avoir osé le passer, d'être allée jusqu'au bout.

Après ce qui est marrant c'est que je ne sais absolument pas m'évaluer. J'ai très peur d'avoir fait de la merde et d'avoir 3 partout et en même temps il y a une toute petite part de moi qui dit "on sait jamais ...".
Actuellement je suis censée réviser les oraux, je me suis fait un petit planning allégé en me disant qu'au mieux ça me servira de base pour mettre les bouchées doubles si je suis admissible et qu'au pire ça me rafraîchira la mémoire.

(Pour ceux qui ne savent pas comment ça fonctionne, nous avons les résultats fin octobre et les oraux sont début novembre, nous sommes donc censés réviser sans savoir si ça servira à quelque chose... LOGIQUE.)





Ce que je retiens de cette année

Je ne regrette pas cette aventure CRFPA. Après est ce que j'ai envie de repartir pour une année de buchage intensif ? J'en doute. Encore une fois être avocate n'a jamais été une vocation, c'est une possibilité parmi d'autres et je pense qu'à 25 ans j'ai envie de travailler, de me frotter au monde professionnel, j'ai envie d'une autre vie. On verra bien en novembre.

Dans tous les cas, c'était une aventure folle.
J'ai beaucoup appris sur moi, sur ma façon de travailler, sur ma résistance au stress, sur ma personnalité, sur ce que j'avais envie de faire. 

Je voudrais revenir sur un événement marquant de mon année. J'ai été assistante / stagiaire chez un avocat pénaliste. J'ai pu assister avec lui à un procès aux Assises et préparer le dossier en amont. J'ai vu ce qu'était une audience aux assises de l'intérieur, j'ai vu l'avocat pour lequel je bossais stresser avant de plaider, je l'ai vu énervé, je l'ai écouté me dire "on ne se fait jamais à l'idée que la personne derrière toi risque 30 ans de prison et que ça repose sur tes épaules". J'ai regardé les jurés pendant les plaidoiries, pendant tout le procès, essayant de détecter un signe, quelque chose. Rien. Ils respectent à la lettre les consignes. J'ai trouvé la justice française d'une violence inouïe, la mise en scène, la façon de s'exprimer des juges, des avocats, de l'avocat général, à mille lieux de celui qu'on accusait, la partie civile qui pleure, le malaise, le mal-être, le stress que l'on ressent. Et à la fin ce grand vide. Quand on passe trois jours aux assises (et encore ce n'est que 3 jours) à vivre ce procès de l'intérieur, à essayer de convaincre les jurés... on a l'impression que le reste du monde n'existe pas, que la vie s'arrête à cette salle d'audience. Ces trois jours ont été très intenses et avec les quelques mois de recul que j'ai, je pense que ça a été l'une des expériences les plus fortes que j'ai vécues. 
J'ai vraiment compris à ce moment-là le job de l'avocat pénaliste, le poids qui pèse sur ses épaules et la passion pour la justice qu'il faut nécessairement avoir pour faire un tel métier. J'ai compris la beauté de ce métier, j'ai compris que jamais je ne pourrais être juge, jamais je ne pourrais être procureur, jamais je ne pourrais envoyer des gens en prison, jamais je ne supporterais cela. J'ai compris que ceux qui ont choisi de défendre les gens, l'humain faisaient un beau métier.
Je ne suis pas pénaliste, je ne me suis pas découvert une passion pour le droit pénal. En revanche, j'ai une envie farouche de défendre les minorités quelles qu'elles soient : les femmes, les homo-bi-trans-sexuels, les SDF, les prostituées, les prisonniers, les Roms... Tout ceux qui ne sont pas nés avec la chance d'être homme, blanc, hétéro, dans un joli quartier. Ca fait très Bisounours dit comme ça mais je me suis promis qu'une fois le concours terminé je m'engagerais dans une association. 
Voilà ce que m'aura essentiellement apporté cette année, un goût pour la justice, la justice sociale. Et à défaut de défendre les gens dans les tribunaux je les défendrais autrement.

Puis tout de même, une petite mention spéciale dans cet humble blog à celui qui a partagé cette année avec moi, qui m'a supporté dans mes moments de doutes, de crises, qui m'a sagement attendu quand je lui disais "ouais ouais je finis ça et j'arrive" à minuit alors qu'à trois heures du matin j'étais toujours dessus, celui qui a subi mon exaspération, mon énervement. Pudiquement, juste merci.




Si c'était à refaire - mes conseils pour le CRFPA 2015


Si je devais recommencer le concours pour 2015, je ne passerais pas autant de temps à ficher mais je ficherais pour de vrai, c'est à dire pas juste "pour le plaisir" de ficher mais en essayant d'apprendre quelques notions en même temps.
Je me ferais un planning, un vrai. Quelque chose de réaliste (pas genre 8h-12h et 14h-19h) et que j'essaierais de tenir au mieux.
Je ne travaillerais  plus en fonction des livres mais en fonction de l'actualité. Les sujets sont forcément des sujets d'actualité ou du moins portent sur des actualités récentes. Regarder ce qui tombe tous les jours et bosser en fonction de ça peut être à mon humble avis une stratégie très payante. Encore une fois si mon ami ne m'avait pas envoyé ses notes de prépa (donc sur des choses récentes) je n'aurais sans doute pas pu répondre à la moitié du cas pratique.
Quant à tout ceux qui se disent que ça ne va pas le faire parce qu'ils font leur master en même temps, je dirais que c'est plutôt une chance en fin de compte, vous êtes dans le bain des études, vous allez avoir des épreuves tout le long de l'année, préparer des examens, apprendre des choses qui vous serviront pour le CRFPA et je pense que c'est vraiment important d'être dans ce "mouvement-là".

Après il n'y a pas de miracle, il faut travailler, mais je pense aussi que la pression de l'extérieur est assez (trop) énorme. On m'en avait dit tout un tas de trucs et au final l'épreuve n'est pas si horrible que ça. Avec de la préparation et une bonne gestion du stress, ça peut passer. Après c'est un concours (même si officiellement non) et il y a une part de chances. Ne vous laissez pas envahir par le stress, révisez normalement et dites vous bien que ce n'est qu'un concours, ce n'est pas la fin du monde si vous ne l'obtenez pas.

Je décrocherais peut-être les oraux et reviendrais poster ici un épilogue à ce joyeux bordel mais étant donné que j'ai tout de même un gros doute je préfère vous dire au revoir maintenant et grosse merde à ceux qui passeront les oraux ainsi que ceux qui passeront le CRFPA 2015 !





*la plupart des gifs sont tirés de là 


JOYEUX BORDEL - [MAJ du 29 novembre]

La mise à jour s'impose. Je ne sais pas par où commencer. Nous sommes le lendemain des résultats finaux et j'ai encore l'impression d'avoir complètement rêvé. 

La fin des écrits, les « révisions » des oraux.

Je m'étais fait une sorte de mini planning de révisions en me disant "on sait jamais". Finalement je ne l'ai pas tenu, mon "on sait jamais" s'est transformé en "putain j'ai la flemme". Je me levais sans avoir la moindre envie d'ouvrir un bouquin, je trouvais mes journées très longues et complètement inutiles. Je me suis dit que c'était complètement con de rester là à rien foutre, et qu'il valait mieux gagner des sous. Faut dire que niveau finances, vu que je vivais sur mes économies depuis le début du concours, ça commençait à devenir urgent de renflouer les caisses. De toutes façons à ce moment-là je n'envisageais pas du tout de l'avoir ce foutu concours, pour moi c'était déjà derrière moi. Loin, très loin derrière moi. Je voyais ça comme une belle expérience et n'étais vraiment pas sûre de vouloir recommencer. J'ai pris un job étudiant de standardiste en CDD, mon contrat allait de la mi-octobre jusqu'à la fin novembre et les résultats tombaient fin octobre, les oraux étaient en novembre, c'est vous dire si je croyais en moi et en ma capacité de réussite...
Les gens autour de moi commençaient à stresser pour les résultats et moi pas vraiment. Je me disais que j'avais une chance infime de l'avoir donc que j'allais pas commencer à me stresser pour ça. Non pas que je pensais l'avoir complètement foiré mais les probabilités étaient contre moi. Je n'avais pas fait de prépa, je le passais pour la première fois, je ne l'ai pas bossé autant que j'aurais pu...



Moi admissible ?

Les résultats devaient tomber le 29 au matin mais bien entendu l'IEJ les a affiché le 28 au soir. J'étais tranquille à mon standard quand une amie m'a envoyé un message "Les résultats sont affichés, je sais pour toi - j'ai demandé à une copine de regarder - mais je ne veux rien te dire vu que je ne suis pas sûre de la personne". Mon coeur s'est mis à battre très vite. Et puis un copain m'a envoyé un message "Félicitations tu l'as, des gens ont publié la photo des admissibles sur le groupe Facebook!". J'ai littéralement explosé de joie. Sans pouvoir l'exprimer étant donné que j'étais toujours à ce maudit standard. Mon amie (celle du 1er texto) m'a confirmé que c'était aussi ce qu'elle avait entendu. Puis une troisième personne me l'a dit. J'ai appelé mon copain surexcitée. J'étais folle. Je ne pouvais plus tenir en place. Je n'en revenais pas "moi admissible ?".
J'ai attendu que mon travail soit terminée, dans un état second. Passant de la joie ultime au flip total.
Je suis rentrée chez moi (je n'ai JAMAIS pédalé aussi vite de toute ma vie), mon copain m'attendait avec du champagne. Sur le coup, j'étais tellement heureuse, tellement dingue et surtout j'avais la niaque, l'envie folle de réussir, de "tout défoncer" comme j'ai dit ce soir-là. J'allais bosser, comme une acharnée. Dormir trois heures par nuit s'il le fallait mais je l'aurai ce putain de concours, je l'aurai. J'étais partagée entre la surprise d'avoir été admissible et l'envie folle d'y arriver.



Les petits oraux

Le soir-même j'ai réouvert mes bouquins.
Le lendemain j'ai abandonné mon job de standardiste et j'ai travaillé. COMME UNE DINGUE. On était 90 admissibles, chaque année ils en prennent entre 65 et 70. Autant dire que ça allait être la guerre ! (les autres années il y avait moins d'admissibles, un peu moins de 80). (MAJ : finalement cette année nous sommes 75 admis)
J'ai eu la date des mes petits oraux qui tenaient tous sur deux semaines, puis le fameux grand oral 4 semaines plus tard.
J'ai donc bossé deux semaines sur mes petits oraux d'abord. C'est là, c'est vraiment là que j'ai découvert de quoi j'étais capable. Les révisions de licence, de master ne sont rien à côté de ça. Rien. Je me couchais à pas d'heure, je me levais tôt pour réviser. Avec la rage de vaincre.
Je ne faisais plus que ça. Heureusement mon copain était là pour me faire à manger, faire le ménage et gérer "l'intendance". Sans lui je pense que je me serais gavée de chips pendant 4 semaines.
Il m'a gavé de chocolat par contre pour m'aider à tenir. Je pense que mon taux de cholestérol a du crever le plafond.
Mon premier petit oral - droit administratif, ne s'est pas passé comme je l'aurais voulu. Mon sujet était assez classique mais technique et les questions étaient un peu tordues. Je ne me suis pas démontée mais je suis ressortie de là déçue.
Une semaine plus tard je passais procédures communautaires et anglais le même jour.
L'anglais, cette épreuve où tu te demandes clairement ce qu'elle fout là. Maintenant je l'ai compris, elle sert à rattraper les matières de droit que tu as foiré. L'anglais n'est pas là pour te plomber. A moins de ne pas savoir se faire comprendre et s'exprimer un minimum, tu ne peux pas avoir en dessous de 10 (je dis ça j'ai peut-être eu 4) (MAJ : je n'ai pas eu 4). L'interrogateur était ultra sympa et j'ai même réussi à le faire rire. Clairement j'ai un niveau vraiment pas terrible en anglais, niveau collège yaourt, mais j'arrive à me faire comprendre et je pense clairement que c'est le principal.
Puis est venu procédures communautaires, l'oral qui m'a traumatisé. Je ne vais pas rentrer dans les détails parce que globalement ce n'est pas très intéressant. J'ai juste eu la sensation de parler à un mur, en chinois. Il me regardait comme si j'étais la dernière des connes, m'interrompait tout le temps. On ne se comprenait pas lui et moi. J'ai eu l'impression de répondre à côté de la plaque à chacune de ses questions. Pourtant je l'ai bossé cette matière, mon exposé n'était pas nul mais non rien à faire, ça n'est pas passé. Je suis ressortie de là en me disant que c'était foutu pour moi cette fois.



L'épreuve reine, la fameuse, l'ultime.

J'ai fait 24h de pause pour décompresser un peu. Puis après j'ai vu ma famille, puis j'ai bossé une journée (un "vrai" travail), puis j'ai fêté l'anniversaire de mon copain, tant et si bien que moi qui avais un peu moins de trois semaines pour réviser le grand oral, j'en ai eu finalement "que" deux. Et là le grand oral c'est le grand vide, le grand tourbillon, la grande angoisse. Il y a tellement de choses à voir, à comprendre, lire, revoir, réviser que vous passez vos journées à ouvrir des bouquins, des dizaines de pages sur Internet, à lire des milliers de trucs sans en retenir la moitié. Il y a des choses sur lesquelles vous ne pouvez pas faire d'impasse, toutes les libertés publiques vous devez les connaître, leur "histoire", leurs limites etc. Puis il y a tout ce qui gravite autour qui conduit à ce que vous fassiez un peu de pénal, un peu de droit de la santé, un peu de droit du sport, un peu de droit du travail, un peu de droit administratif, un peu d'histoire du droit... C'est très vaste et surtout sans fin. Oubliez toute vie sociale, oubliez votre sommeil, oubliez vos loisirs. Vous mangerez CRFPA, vous dormirez CRFPA, vous VIVREZ CRFPA. Si bien que quand mes amis me demandaient des nouvelles, et le peu de fois où je les ai vu j'avais l'impression d'être une espèce de vieille folle, je suis devenue incapable de parler d'autres choses et croyez-le ou non ça fait peur. Je me suis vraiment demandée à un moment si un jour j'allais être capable à nouveau de parler d'autres choses.
Le lundi des grands oraux est arrivé et les premiers sujets sont tombés. J''ai cru que j'allais défaillir, certains me paraissaient insurmontables.
Une amie m'a entraîné aux grands oraux et je crois que sans elle, sans ses précieux conseils je n'y serais jamais arrivée.



Le jour J est arrivé. Je me suis réveillée avec la boule au ventre, c'est le moins qu'on puisse dire. Et là on m'a dit "amuse toi, profite aussi de tout ça, montre qui tu es, une fille intelligente !". J'ai dit "okay ça je peux le faire". Ma pire angoisse était de tomber sur un sujet qui ne me disait rien du tout. RIEN. La veille était tombée "Raisons d'Etat et libertés" ou encore "le secret professionnel", ou bien "diplomatie et droit", autant de sujets qui m'auraient donné envie de me pendre. Moi je voulais un sujet sur les femmes, les handicapés, les enfants, le droit de mourir... bref un truc sur tous ces sujets "classiques" tellement ils sont d'actualité.
Je suis arrivée fébrile devant la porte d'entrée de l'IEJ, j'ai vu de qui était composée mon jury, la présidente de la CAA, un prof de droit public à la fac et un avocat pénaliste ultra connu. Pour la publiciste que je suis, ce jury ne pouvait pas mieux tomber.
Je suis rentrée dans la salle avec mes 12 000 codes et j'ai tiré le sujet pour mon compatriote et moi, lui allait traiter le même sujet que moi mais devant un autre jury en même temps que moi. Tous mes potes m'avaient dit qu'il vallait mieux que je tire le sujet. Eux quand ils avaient laissé l'autre tirer ça ne leur avait pas porté chance. Je ne suis pas spécialement superstitieuse dans la vie mais dans ce genre de concours, on le devient. On se raccroche à tout et surtout n'importe quoi.
J'ai d'abord regardé s'il n'y avait pas le sujet n°24 pour ma date de naissance, il n'y était plus. Je me suis dit "allez vas-y prend au pif". Sujet n°171 : Le principe de laïcité et la liberté de conscience (je pense que je m'en souviendrais toute ma vie de ce sujet).
J'ai tellement été soulagée en voyant ça. J'ai couché sur ma feuille tout ce que je savais sur le principe de laïcité, ensuite j'ai raccroché la liberté de conscience à la liberté d'expression (justifié dans mon intro bien sûr).
 J'ai fait le plan le plus bato du monde et l'heure était venue d'y aller. On est venu me chercher, j'ai traversé la fac, j'ai pris l’ascenseur jusqu'au 3ème en me disant "putain j'espère que ce vieux coucou ne va pas tomber en panne". J'avais l'impression d'avancer vers l'échafaud. Puis devant la salle, mon copain et mes amis m'attendaient, et ça m'a fait un bien fou de les voir, de discuter avec eux, de tout sauf du sujet - bien évidemment. Je n'ai pas regretté à ce moment-là de les avoir autorisé à venir me voir.
Les portes se sont ouvertes, le jury m'a invité à rentrer. Comme le veut l'usage j'ai attendu qu'ils me disent de m'asseoir, puis que le président rappelle mon sujet et me dise d'y aller.
J'ai pris une grande respiration et j'y suis allée. Je me suis lancée comme une grande, devant ce jury de trois personnes, avec derrière moi tout un public - que l'on oublie vite par ailleurs.
Mes amis m'ont dit par la suite que j'ai parlé un peu trop vite, j'ai joué avec ma bague en dessous de la table, j'ai dit 10 000 fois trop de "donc" (foutu tic de langage) mais j'ai tenu.
Les questions sont arrivées, toutes plus déstabilisantes les unes que les autres. Même pour celles qui sont évidentes, que vous savez, vous savez que vous le savez mais non vous doutez. De toutes façons à ce moment-là vous avez même oublié à quoi ressemblait votre mère et quel était votre prénom. J'ai répondu du mieux que je pouvais à toutes les questions.
Ca a fusé dans tous les sens, ils ont bien compris que j'étais publiciste et j'ai quand même eu la sensation qu'ils essayaient de me tirer vers le haut.
Je suis ressortie épuisée mais pas mécontente de moi.
Mes amis m'ont dit que ça c'était bien passé, ça m'a rassuré.
On est ressorti de là vite, très vite. On est allé boire des coups. Oui à 11h30. Je n'ai fait quasiment que boire jusqu'aux résultats qui étaient le soir-même.



L'annonce des résultats, cette torture.

Dans certains IEJ, vous êtes seul avec vous même sur Internet pour les résultats. Dans le mien, on vous réunit tous dans un amphi, la plupart des gens viennent donc avec leurs amis et leur famille et le président du jury donne la liste des admis. Ce qui est tout bonnement horrible et monstrueux pour ceux qui ne l'ont pas.

On s'est installé dans l'amphi à 18h. Les membres du jury étaient là, tous en robe. La directrice de l'IEJ a fait un discours interminable. Dans ces moments-là, je vous jure vous avez des envies de meurtre.
Le président du jury a pris la parole et a commencé sa liste. La première a été largement applaudi, le jury donne l'ordre des admis dans "l'ordre de mérite", du meilleur au "plus nul".
Les noms ont défilé, un par un. Le mien ne venait pas. Plus les noms passaient plus je m'aplatissais sur ma table en me disant que c'était mort. Je n'y croyais plus. Je regardais mon copain et mon amie avec désespoir. Je me voyais déjà rentrer chez moi, mettre mon pyjama et m'abrutir devant des jeux vidéos pendant 3 jours en mangeant du chocolat. Quand soudain, il l'a dit. Il l'a enfin dit mon putain de nom/prénom.
J'ai cru que j'allais me mettre à pleurer, à crier et rien, juste complètement abasourdie par cette nouvelle. Je me suis jetée dans les bras de mon copain, puis de mon amie.
La liste s'est terminée, j'ai appelé ma mère, mes proches, mes amis. Tout le monde. Je ne réalisais pas du tout. On a fait la fête un peu le soir, sans que je réalise pour autant.
Nous sommes samedi 29 novembre (le lendemain des résultats) et je crois que je commence seulement à réaliser aujourd'hui (MAJ du 6 décembre : je crois qu'en réalité j'ai bien mis une semaine pour m'en rendre compte véritablement). Ca y'est je vais devenir élève-avocate, puis avocate. Ca va se passer pour de vrai.
C'est fou et incroyable.




Une mini revanche

Je suis fière de moi je l'avoue. Je n'ai jamais spécialement galéré dans la vie, je n'ai jamais manqué de rien dans mon enfance/adolescence. N'empêche que je ne viens pas d'une famille complètement "classique" (comme beaucoup de gens aujourd'hui) (coucou 3615 MA VIE), je ne viens pas non plus d'un milieu aisé. Je n'ai pas de père/mère magistrat, médecin, directeur d'entreprise, haut fonctionnaire... Chez moi les gens sont assez « simples » (et dieu que je l'aime cette simplicité) et rien ne me prédestinait à une telle profession.  Personne dans ma famille ne fait du droit ou n'exerce une profession libérale. 
J'ai toujours payé mes vacances et mes loisirs avec mes jobs étudiants et depuis deux ans je paye mon loyer en faisant des boulots à droite, à gauche. Cette année je l'ai aussi financé seule, comme une grande. Et j'ai réussi ce putain de concours sans prépa privée et du premier coup. Et j'y peux rien, je ne peux m'empêcher d'être fière de ça. Je ne peux m'empêcher de penser que ça sonne un petit peu comme une mini revanche sur la vie.
Ca va sonner très cliché mais pour toutes celles et ceux qui n'ont pas les moyens, qui ne peuvent pas se payer des prépas ultra chers, croyez y, tout est possible, j'en suis la preuve vivante.






Une expérience incroyable

Au delà de tout ça, je crois que ça a été l'une des expériences les plus folles de ma vie.
Sur un plan personnel, si tu veux connaître tes limites, ta gestion face au stress, ta capacité à travailler, passe le CRFPA ! Je ne me pensais pas capable de travailler comme une acharnée. Je n'ai jamais été une énorme bosseuse. Je suis plus du genre à savoir bosser quand il le faut (3 jours avant l'examen par exemple), à avoir quelques facilités plutôt que de m'enfermer pendant deux mois chez moi sans voir personne. Comme dirait une amie, je suis une fille "normale", je mange, je vis, des fois j'en ai marre et j'ai juste envie de me reposer. Alors que certains sont des bourreaux de travail tout le temps. Je me suis rendue compte que si je le voulais je pouvais être un bourreau de travail, si je le voulais je pouvais déplacer des montagnes pour y arriver.
D'un point de vue intellectuel, je crois que préparer le grand oral a été l'épreuve la plus stimulante au monde, je n'ai jamais autant appris que durant ces 15 jours. Bien sûr, on n'approfondit rien, ce sont des connaissances de surface mais ça m'a vraiment éclaté. J'adore apprendre des choses. Je déteste le par coeur, je déteste réciter bêtement des choses mais me renseigner sur des tas de trucs différents ça oui j'adore.

Enfin, ce concours m'a permis de rencontrer des gens, des futurs confrères/consoeurs, que ce soit sur Twitter ou dans la vie réelle et c'était sincèrement formidable tout ce soutien et cette compréhension parce que – et ça va faire très cliché – mais personne ne peut comprendre ce que vous vivez hormis ceux qui le passent, c'est tellement intense, tellement épuisant...

Cette expérience est formidable.


Devenir avocate

Je l'ai déjà dit et le redit ça n'a jamais été une ambition de petite fille. Même si depuis je me suis demandée pourquoi j'avais voulu être journaliste étant ado, au delà du fait que j'aime écrire, c'était aussi une volonté de "dénoncer" des choses, faire de l'actualité ne m'intéressait pas, j'avais surtout envie de creuser la vie des gens, de creuser des sujets d'actualité pour "dire la vérité", une envie de mettre sur le devant de la scène ceux qu'on n'écoute pas d'habitude, j'avais dans le fond je crois une profonde envie de justice.
Au début je n'étais pas sûre de le vouloir ce concours. Puis au fur et à mesure du temps, je me dis que c'est une formidable profession. J'aime l'idée de mettre mes compétences juridiques au profit de ceux qui n'y comprennent rien, aider « les gens » à se défendre. Je trouve cette idée formidable. Je suis sans doute naïve et je déchanterais peut-être en exerçant mais je trouve cette profession très belle et très noble et je suis très fière aujourd'hui d'être élève-avocate.

Par contre je me suis promis une chose, c'est de ne JAMAIS devenir prétentieuse et snob. Par pitié non. Je veux continuer à jouer aux Sims, à mettre du vernis de toutes les couleurs, à regarder Les Reines du Shopping, à faire des robes en chamallows pour Halloween. Je suis comme ça et je le resterai.

Merci mille fois à celles et ceux qui m'ont soutenu, d'une façon ou d'une autre.








34 commentaires:

  1. Nolwenn - Healthy_Wenn3 octobre 2014 à 11:06

    Tout d'abord quel immense plaisir d'être citée dans ton article ! Je t'en remercie :)
    Ensuite… Je sais pas dans quel sens attaquer pour répondre.
    Bref mes résultats tombent aujourd'hui et franchement, je flippe. Surtout que j'apprends à l'instant qu'en fait, sur la liste de l'an dernier y'avait que les noms de ceux qui allaient aux oraux. Moi je pensais voir mon nom quoiqu'il arrive ! Je suis dans un énorme état de stress.

    Ce que j'en retire de cet examen (sisi c'est toujours un examen hein ^^) c'est que c'est accessible. Enfin moi j'ai trouvé ça tout à fait accessible, pas spécialement compliqué. C'est juste que sur procédure mais wahou c'est comme si j'avais été absente et j'avais écris des choses sans réfléchir parce que rien est bon, rien de rien. Mais la prof qui donne un truc déjà fait en cours quasiment…

    Contrairement à toi, avocate c'est ce que je vise depuis le CE2. Dans le cas où ça ne le ferait pas, je sais que je serai déçue mais que je resignerai pour l'an prochain avec déjà mon travail de fond tout prêt.
    Par contre, je ne rebosserai pas comme je l'ai fais toute l'année passée. Ou alors pas autant. J'étais embauchée comme secrétaire dans un cabinet mais je faisais surtout un boulot de juriste (honte de plus de m'être ratée en procédure). j'ai bossé à temps partiel d'avril 2013 (2 mois de stage d'abord) à mai 2014. Je ne suis pas allée à tous les cours. Sans ça je ne serai pas passée à-côté de la matière et c'est pour ça que pour l'année qui viendra, si je repars à l'IEJ, ça sera tous les cours et tous les devoirs spontanés que l'on pourra rendre je les rendrais. Et je vivrais sur mes économies, sur ce que j'ai comme droit avec pôle emploi.. Je mettrais toutes les chances de mon côté.
    En fait là tout de suite, j'aimerai avoir des TD. Parce que c'est ça qui te tient dans le rythme, dans les connaissances. Limite après les écrits j'aurai bien repris un second master 2 !!!!! Mdr
    Et surtout je saurai à quoi m'attendre et puis le stress pour aller aux épreuves, ça c'est géré donc j'y retournerai posée (ou presque).
    Après comme tu dis à notre âge on en a ras la casquette des études, c'est super long et au final pourquoi ? par forcément pour mieux gagner ta vie.. mais bon.
    En tout cas j'espère pour toi que ça ira, je te le souhaite.
    Même si je me plais à espérer tout en cassant cet espoir, chaque minute qui passe, je sais que je serai déçue mais pas dans l'échec car je suis prête à affronter l'année qui arrive. Je la vivrais comme la possibilité de "maitriser" les mécanismes et tout ça. Mais bon sang comme ça serait bon de voir mon nom !!!!!!

    Bon courage pour les révisions, qu'il est difficile de s'y remettre. J'avais 15 jours moi avant aujourd'hui, la première semaine je n'ai rien fais. J'étais lessivée, comme lobotomisée et pourtant je n'avais pas bossé en intensif comme on entend qu'il faut le faire. Parce que c'est vrai que c'est l'extérieur qui fait flipper. Faut arrêter. En attaquant au début de l'année, tu as le temps de voir venir et de bosser (plus ou moins) mais comme toi j'ai commencé en janvier et autant dire que boulot + cours où j'allais + révisions perso, ces dernières sont souvent passées à la trappe. Et heureusement que j'ai demandé à finir mon contrat un mois avant le terme prévu. Sinon en terminant fin juin j'aurai jamais été à jour.

    Bref ça m'a fait du bien de t'écrire, ça m'a passé un peu le temps. Ce n'est plus qu'une question d'heures… Que le force soit avec toi, avec moi, avec nous ! :)

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    1. Merci pour ce long commentaire très intéressant.
      Je comprends tout à fait que pour toi qui en rêves depuis que tu es petite, ça doit être une pression supplémentaire que de l'avoir etc. Sinon je suis complètement d'accord avec toi, c'est tout à fait accessible mais seulement ça tu ne le sais pas avant de l'avoir passé. Et moi aussi j'ai envisagé - si je décide de le repasser l'année prochaine - de refaire une année d'études juste pour "être dans le bain" mais pour l'instant la balance planche plutôt du côté "pas envie de le repasser" mais bon on verra en novembre. Je te souhaite bcp de courage pour l'année à venir et la deuxième fois sera la bonne c'est sûr et certain !

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  2. S'engager dans une asso, c'est bien mais quelles sont tes perspectives financières à moyen terme ?

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    1. Qui es-tu ? En quoi l'état de mes finances t'intéresse ? Quel est le rapport avec le sujet de l'article ?

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  3. Bonjour, je me posais la question dans le cadre d'une tentative lors de la prochaine session (2015).
    Et comme la conjoncture économique actuelle n'est pas fameuse et que tu fais partie de ces gens qui n'ont droit à rien, ou pas grande chose et dont les parents n'aident pas beaucoup et qu'une première conciliation avec un job dans un fast-food pendant un mois n'a pas été facile, je me demandais si un autre travail à temps partiel ou non entrait dans la stratégie de révision pour agrémenter le futur témoignage, tout simplement.

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  4. Je découvre tout juste ton blog, et je viens de lire ton article avec beaucoup d'attention. Je me suis reconnue à de nombreuses reprises à la lecture de ton article. Il est très bien rédigé, en toute simplicité, et avec beaucoup d'humour.
    Je n'ai actuellement aucun style, la gueule en vrac, les nerfs à vifs, bref, je prépare le CRFPA (le simple fait d'écrire ces 5 lettres m'angoisse...). Tout du moins, j'essaie de le préparer. Parce qu'aujourd'hui j'ai lu, en tout et pour tout, 5 pages de mon cours. Forcément, quand on a les yeux tellement gonflés qu'on peine à les ouvrir et un mal de tête insupportable, ça devient compliqué. Oui parce que j'ai passé 2h à chialer toutes les larmes de mon corps. Oui c'est pathétique et non je ne sais pas ce qui a déclenché cette petite crise existentielle ! Alors quand je lis que tu n'aurais jamais pensé te mettre dans un état pareil, je ne peux que comprendre, et je ne peux qu'être rassurée. Moi non plus, je n'aurai jamais cru en arriver à un tel point d'hypersensibilité... Il y a quelques années, quand on me disait "Ahhh tu es en droit, DONC tu veux être avocate ?", j'étais la fille qui répondait, d'un air blasé, "on peut être en droit et vouloir être autre chose qu'avocat, donc NON je ne veux pas devenir avocate !!!". Bref, je crois que j'ai changé d'avis ! En fait, le métier d'avocat s'est imposé à moi, pas comme une évidence mais presque. J'ai toujours su que je voulais aider les personnes qui ont eu moins de chance que les autres dans la vie, et sont donc devenus les boucs émissaires de la société impitoyable qu'est la nôtre. J'ai toujours su que je voulais me battre pour des causes que j'estime juste et qui me tiennent à cœur. J'ai aussi toujours su que je ferais de mon métier une de mes priorités. C'est pour toutes ces raisons là que je veux être avocate. Et en temps normal, quand la fatigue, le stress et le désespoir prennent le dessus, me remémorer ces raisons là m'aide, me rebooste. Mais en ce moment ça ne suffit pas ! Alors forcément, voir que je ne suis pas la seule à traverser ces "passages à vide", ça me rassure.
    Je me pensais capable de supporter la pression, capable de travailler sans relâche, mais ça devient vraiment difficile à gérer. J'aurai bien envie de brûler mes cours/libres/codes, d'aller me saouler la gueule dans tous les bars de la ville, de me vautrer dans mon lit et ne plus en sortir, de LAISSER TOMBER. Mais (heureusement, il y a un mais), je me dis que ça en vaut le coup. C'est pour ça qu'on s'inflige ces épreuves... Parce qu'il y a quelque chose derrière. Il y a l'envie de se dépasser, de se prouver que l'on en est capable. Et l'envie d'accéder à un métier qui nous plaira, l'envie de réussir sa vie. ça fait déjà pas mal de bonnes raisons non ?!

    Désolée pour ce vidage de sac (qui m'a fait beaucoup de bien je dois dire...). J'ai admiré ta façon de réagir pendant les épreuves, tu es tombée sur des sujets sur lesquels tu ne voulais surtout pas tomber, mais tu t'es débrouillée avec ce que tu avais, tu t'es donnée à fond en mettant toutes les chances de ton côté. J'espère que j'aurai les ressources suffisantes pour faire pareil !

    Je te souhaite tout le courage du monde (il faut au moins ça...) pour affronter toutes les étapes restantes dans ce long combat qu'est le CRFPA !

    Tu as tellement raison, je suis sûre que si l'on nous mettait moins la pression, si l'on se mettait moins la pression (c'est moi qui dit ça ?!), tout serait beaucoup plus simple.

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    1. J'avais fait une longue réponse à ton commentaire plus qu'intéressant mais elle n'a pas été prise en compte (grrr).
      Je voulais juste te dire tout d'abord que ton commentaire m'a beaucoup touché et fait réfléchir. Moi qui ai 25 ans et qui suis toujours un peu paumée quant à ce que j'ai envie de faire réellement ce passage-là notamment m'a interpellé : "J'ai toujours su que je voulais aider les personnes qui ont eu moins de chance que les autres dans la vie, et sont donc devenus les boucs émissaires de la société impitoyable qu'est la nôtre. J'ai toujours su que je voulais me battre pour des causes que j'estime juste et qui me tiennent à cœur" et me donnerait presque envie de le retenter l'année prochaine si je ne l'ai pas cette année (j'ai bien dit presque ;) ).

      Quant à l'état dans lequel tu étais, je n'ai rien dit de plus dans ce blog essentiellement par pudeur mais crois-moi j'ai vraiment été dans des états lamentables parfois, en pyjama, en train de pleurer toutes les larmes de mon corps sans pouvoir m'arrêter à 2h du mat ... Hum... Ne t'en fait pas je pense que ce sont des phases "normales" mais je pense qu'il est super important de savoir relativiser et j'ai fini par apprendre à me dire "de toutes façons tu as beau pleurer autant que tu veux et faire autant de crises de nerfs que tu veux, ça ne te fera pas avancer et c'est même au contraire totalement contre-productif" même si des fois ça fait un bien fou de pleurer un bon coup, de lâcher les vannes.

      Sinon je réagis souvent de façon assez sereine car depuis le début de mes études j'ai appris à relativiser et à me dire "de toutes façons c'est fait, c'est fait tu ne peux plus rien changer". Ca s'applique la veille de l'examen, ce n'est pas à 24h de l'épreuve que tu pourras changer quelque chose. Ca s'applique le jour de l'épreuve quand tu es devant ta copie, le sujet peut être pourri tu ne pourras pas le changer et ça sert à rien de se laisser destabiliser, autant le traiter du mieux que tu peux. Ca s'applique encore plus une fois ta copie rendue, même si tu as écrit de la merde tu ne pourras plus rien changer. Ca aide à relativiser, à ne pas (trop) stresser et surtout à ne pas avoir de regrets.

      Je ne sais pas où tu en es dans les épreuves mais je te souhaite également beaucoup de courage et je me permets de te dire que d'après tes motivations pour exercer cette belle profession tu seras une super avocate pleine de convictions ;)

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    2. Pleurer ça fait parti du """jeu""". Quand je suis sortie de l'épreuve de procédure. J'ai chialé pendant 2h au milieu de l'aprem, comme la veille au soir, comme le soir même. Le mercredi midi a été une vraie délivrance. C'est du masochisme que de passer le CRFPA. On ne se rend compte de ça que lorsqu'on est en plein dedans.
      Je suis arrivée à peu près au même raisonnement que toi Anais et peu de temps avant l'exam. Quelques semaines plus tôt seulement j'ai enfin pu apporter une réponse à la raison pour laquelle je veux être avocate. Je veux l'être donc si ça n'a pas été pour cette année, ça le sera pour l'année prochaine parce que c'est de ça dont je suis capable "aider les autres face à un système qui leur est complètement inconnu et qui est bien trop alambiqué pour qu'ils puissent, seuls, s'en sortir en conservant un minimum de dignité". Courage les filles !

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    3. Comme je suis heureuse de lire cet article ! Je te félicite, vraiment, c'est en effet une belle revanche sur la vie, et je pense que tu peux être fière de toi !
      Quant à moi j'ai eu les écrits (comme toi je n'y croyais pas...) et je viens de finir de passer mes petits oraux. Il me reste le pire, le grand O, dans 4 jours. Et comme je ne croyais pas du tout être admissible, j'ai pris beeeeaucoup de retard dans mes révisions des oraux. J'ai gérer les petits oraux comme je pouvais mais je crois que ça va être compliqué de réussir le grand O ! Mais bon j'ai 4 jours, donc ça va être 4 jours de révisions intenses et je puis je ferais ce que je peux !

      Profites du relâchement post CRFPA qui doit être tellement bon... Et encore FELICITATIONS pour cette belle réussite !

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    4. Bravo à toi Ana Dms ! Courage pour le grand O ! De mon humble expérience, peu importe finalement ton sujet, peu importe si tu n'y connais rien, le but est de sortir quelque chose et de donner l'impression que tu y crois à fond, ton sujet c'est ton bébé, ta bataille (coucou balavoine). Je ne sais pas si tu fais du pénal mais une copine m'a dit "c'est comme si tu devais défendre un mec qui a tué toute sa famille, tu sais qu'il va aller en taule, mais ton but c'est de le défendre jusqu'au bout et d'y croire". Je pense que les membres du jury veulent vraiment voir si tu es capable un jour d'être avocate... Parmi les gens qui ne l'ont pas eu, je pense qu'il s'agit surtout de gens qui manquaient peut-être un peu de "charisme" alors que pourtant ils avaient des choses à dire sur leur sujet, je ne dis pas du tout ça pour être méchante ou condescendante, mais c'est vraiment l'impression que j'ai. Après la confiance en soi et le charisme, c'est comme tout, ça se travaille. Le tout ce n'est pas d'être charismatique ou d'avoir une folle confiance en soi mais de donner l'impression que si... Moi je me liquéfiais dans le fond mais j'ai tenu bon! Courage!!

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    5. ça y est c'est fini... Merci pour tes conseils, ça m'a beaucoup aidée à J-2 du grand O. Malheureusement je les ai sûrement très mal appliqués, parce que je viens d'apprendre que j'ai loupé les oraux, avec un joli... 2 au grand O. Voilà voilà. Ils ont dû me mettre la note la plus basse possible pour être bien sûrs que je ne l'aurai pas. Je ne sais pas ce qui a pu se passer... Mais c'est un échec très très TRES cuisant !

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    6. Ouch, je suis vraiment vraiment désolée pour toi. J'avoue que le 2 ne fait pas plaisir mais dis toi que c'était peut-être juste une question de "quota" et qu'ils avaient un certain nombre d'admis à ne pas dépasser. Bref j'en sais trop rien mais j'espère que tu arriveras à te remettre de cette déception... Au moins dis-toi que pour l'année prochaine tu sais à quoi t'attendre et tu pourras cartonner ! Courage pour te remettre de tout ça, essaie de tout oublier et de concentrer sur Noël ;) !

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  5. Article très juste et je me reconnais tellement dedans. J'étais tombée sur ton article avant les résultats d'admissibilité et ça m'avait fait du bien de te lire car je ressentais la même chose. J'ai passé le CRFPA et j'ai appris il y a qq jours que j'étais admise, je crois que je ne réalise pas (je réalise peut être un peu plus depuis hier que j'ai mon attestation de réussite, je réaliserai peut être la semaine prochaine quand j'irai m'inscrire à l'école) mais je suis parfaitement d'accord avec tout ce que tu dis. J'ai aussi bossé comme une folle, presque 24h/24 entre les résultats d'admissibilité et les oraux qui commencent qq jours après les résultats (comme toi, j'y croyais plus vraiment (enfin, je doutais...) juste avant les résultats, donc je travaillais plus vraiment et après ses résultats, j'ai été prise d'une rage de réussir assez incroyable), la proclamation des résultats, ect.... quels moments ! Je pense qu'on a des points communs aussi, je suis entrée en fac de droit pour de mauvaises raisons et pas du tout avec l'envie d'être avocate (je voulais aussi être journaliste, et pour les mêmes raisons que toi ma route a devié et je vois de la même manière que toi le métier d'avocat que j'ai découvert à travers mes stages), je n'ai pas grandi dans un milieu juridique, j'ai aussi passé mon année post M2 à travailler (à mettre un peu d'argent de côté pour préparer le concours) et à "préparer" l'examen (enfin, surtout l'été), je l'ai eu pour la première fois, sans faire de prépa (je ne pouvais pas me le permettre), et j'ai aussi cette impression de belle revanche. Merci pour cet article et ce témoignage, je pense qu'il parlera à bcp d'étudiants qui n'ont pas fait de prépa, ne s'imaginaient pas forcément avocats, n'ont pas grandi dans ce milieu et ont révisé de la même manière que toi ou moi (et je suis sure que le fait d'être curieux, et intéressé par plein de choses, aide bcp plus que de passer 2 mois à s'enfermer pour réviser). Enfin, félicitations et j'aime tellement ta dernière phrase, restons comme nous sommes !! (ps : je viens par twitter, donc j'ai vu que tu étais malade, courage ! je le suis aussi, d'après mon père, c'est normal, après avoir donné autant, notre corps choppe tous les microbes qui trainent ^^)

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    1. En effet tu sembles être mon double quelque part en France ;) ! Ca fait du bien de voir que tout est possible même quand on ne vient pas de "ce milieu-là" et si cet article peut parler à d'autres gens pour ça et bien tant mieux. Et je suis convaincue aussi maintenant qu'être curieux et intéressé par plein de choses aide en effet beaucoup (même si je n'en avais pas conscience avant et surtout pas cet été). Et je suis toujours un peu malade et je pense que ton père a raison, après avoir tant donné et tant résister j'ai l'impression que mon corps s'est complètement relâché ! Félicitations à toi aussi chère future consoeur !

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  6. merci pour cet article qui nous donne envie d'y croire je suis actuellement en "pleine préparation" du CRFPA et je n'arrive pas à m'y mettre sérieusement ça fait deux semaine que je n'ai pas bosser alors que j'ai mis toutes les chances de mon côté en m'étant ruiné dans une prépa privé en ce moment j'ai juste envie d'abandonner l'idée de l'avoir et de passer de vrais en vacance.

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    1. Oui, je suis aussi dans ton cas, le post de Madame Citron m'a reboostée. :)
      Courage, on va y arriver!
      Ton Bote.

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    2. Je ne vois vos commentaires que maintenant (la blogueuse en carton ici). Je suis contente si cet article vous a reboosté ! (il sert à ça !). Ou en êtes vous maintenant ?

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  7. Merci beaucoup pour ton article, ça fait un bien fou !

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    1. De rien ;) Si mon expérience peut servir c'est génial !

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  8. immense plaisir de lire cet article, assise en bibliothèque pour cause de révisions (intenses?) des oraux du crfpa xD j'ai un parcours similaire au tien (un master en droit de l'environnement aussi ..) et je suis atteinte de flemite aigue. c'est la seconde fois que je m'inflige ça, mais je VEUX etre pénaliste (la veuve, l'orphelin, et l'immigré toussa toussa): résultat, je devrais commencer ma thèse dans quelques mois (en ce moment c'est complètement en stand by ce truc) aussi et je passe ce foutu examen. c'est clairement complètement différent de tout ce qu'on peut vivre en licence et master, quand les examens tu les révises 2 jours et tu y vas au talent .

    cette année je suis admissible (woop woop!) et je passe dans un peu plus d'une semaine le grand oral (je stress pas trop étrangement.. je devrais?), par contre j'ai pas bcp touché à ma spé (pénal général et spécial mais bon j'adore ça je me dis que les révisions ça sera easy, cherry on the cake) mais j'ai pas touché à la procédure communautaire et européenne (on connait en grandes lignes mais quid des détails, que l'examinateur n'aura de cesse de demander le jour J pour acculer l'étudiant dans un coin? ) !! faut s'organiser à fond dans ce truc .. pas simple !

    ton article en tout cas en plus de m'avoir fait rire , me rebooste pour ma dernière ligne droite!

    et si y a des lecteurs de l'ombre qui sont dans la même situation en mode radeau de la méduse: ne lâchons rien !

    bon EFB à toi !

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    1. Contente que ça t'ai reboosté !
      Et moi pour le Grand O j'étais pas trop stressée non plus avant, je trouve que c'est - et de loin - l'épreuve la plus intelligente du concours ! Après le jour J c'est une autre histoire...

      Ne lâche rien, courage pour la dernière ligne droite !

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    2. validé!

      encore merci pour ton article de blog qui fait bcp rire :)

      bonne continuation pour l suite !

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  9. Bonjour !

    Juste un petit message de quelqu'un qui vient de terminer (et de réussir !) l'examen d'entrée du CRFPA.

    Un grand merci pour cette note de blog qui m'a grandement aidé dans mes périodes de révisions qui ont été - il faut l'avouer - particulièrement éprouvantes...

    Bon courage à vous pour votre future vie professionnelle !!

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    1. Bonjour !

      Ce petit message me va droit au coeur! Si j'ai pu un peu vous aider pendant cette période de révisions horrible c'est franchement chouette. Félicitations pour l'admission et bon courage à vous pour la suite également.

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  10. Merci beaucoup d'avoir partagé ton expérience !!!!
    C'est hyper intéressant et hyper motivant !!!
    Je suis remontée à bloc pour l'avoir !
    Je suis à Paris I et publiciste comme toi, et je ne pense pas prendre les matières de public car ça note mal, tu penses que c'est une erreur ?
    Merci beaucoup et félicitations :)

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  11. Merci beaucoup d'avoir partagé ton expérience !!!!
    C'est hyper intéressant et hyper motivant !!!
    Je suis remontée à bloc pour l'avoir !
    Je suis à Paris I et publiciste comme toi, et je ne pense pas prendre les matières de public car ça note mal, tu penses que c'est une erreur ?
    Merci beaucoup et félicitations :)

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    1. Bonjour ! A vrai dire je ne pense pas être la meilleure pour te conseiller sur le choix des matières. Je ne l'ai pas passé à Paris donc je ne saurais pas te dire quel est le meilleur choix mais d'après mon humble expérience je pense qu'il est important de choisir des matières qu'on aime un minimum, car tu vas y passer des heures... Mais c'est très personnel au final car si tu te sens capable de réviser intensément des matières qui te plaisent moins vas-y ... Après l'avantage aussi des matières dont on est "spécialiste" c'est qu'a priori on ne part pas de "rien" dans l'apprentissage et on a déjà de bonnes bases ... ! Bref à toi de voir et bon courage pour cette année !

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  12. Bonjour ! Comme les autres, un petit post pour te remercier de ce post SUPRA MEGA intéressant quand on se met à peine à réviser ce foutu concours...
    Je suis publiciste également, et j'aurais aimé savoir, puisque tu n'as pas fait de prépa, comment as-tu révisé ? Tu as pris un livre par matière en complétant avec des revues ? J'avoue que je ne sais pas par où ni comment commencé... le pire étant droit des obligations qui me donne envie de pleurer rien que d'y penser !
    Merci d'avance pour ta réponse. Je pense qu'aujourd'hui tu dois (enfin!) être avocate et j'espère que tu t'éclates!

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  13. Bonjour Madame Citron (j'adore ce pseudo),

    Bravo pour ce bel article qui est d'une justesse absolue.
    Je suis actuellement dans la période " Pétage de plombs et culpabilité."
    Impossible de continuer à réviser, j'ai envie de tout abandonner.
    Je me répète sans cesse "si je l'ai c'est très bien, si je ne l'ai pas ce n'est pas grave" (exactement comme toi) et malgré ça je culpabilise terriblement. Quel courage il faut avoir...
    Je suis à 20 jours des écrits et j'ai l'impression de ne rien savoir. Pourtant j'ai travaillé et rien lâché durant cet été.

    Je voulais te dire un grand merci pour m'avoir l'espace d'un instant fait rire et fait réaliser que je n'étais pas seule à vivre ça. Je ressens les choses exactement comme tu les as ressentie. C'est assez incroyable d'ailleurs.
    En espérant que mon histoire à moi finisse aussi bien que la tienne...

    Merci encore et au plaisir de te lire à nouveau.



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    1. Je suis vraiment contente si cet article peut t'aider ;) Pour la culpabilité, dis toi que de toutes façons ce qui est fait, est fait, tu ne pourras rien y changer, concentre toi plutôt sur ce que tu peux encore faire.

      Un petit conseil pour éviter de réellement péter les plombs : à 20 jours des écrits, et si tu as bossé tout l'été, tu as de la marge, donc prends toi une journée entière ou même deux sans penser au CRFPA, on bosse bien mieux après avoir fait de vraies pauses. N'hésite pas à revenir me dire si tu l'as eu ! Courage à toi !

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  14. Merci pour cet article très motivant à quelques jours des écrits . Je suis maman d'une petite fille de 1an et les révisions intensives toute la journée sont compliquées à aménager. Mais en lisant ton article, j'ai l'espoir de me dire que parfois il suffit d'être efficace et pas seulement studieuse. En espérant l'être tout autant. Merci beaucoup d'avoir partagé ton expérience. Je t'assure que c'est très motivant pour nous .

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    1. Tant mieux si ça t'a remotivé ! J'espère que les écrits se passent bien ;) ! Si ça peut te rassurer sur le côté maman, il y en avait pas mal dans ma promo donc tout est possible ! Courage !

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  15. Bonjour,

    Merci beaucoup pour cette histoire, non seulement elle est bien racontée, mais ça fait du bien de se "retrouver" dans les écrits de quelqu'un quand on prépare le CRFPA.

    Je suis en train de passer les écrits, je ne m'imagine pas encore aux oraux, mais ça fait du bien de se remonter le moral en se disant "je ne suis pas folle, d'autres ont fait comme moi" en particulier parce que je n'ai pas pu non plus me payer une prépa d'été et ni même assister aux cours de l'IEJ (hormis pour la note de synthèse). J'ai fait toutes mes révisions, actualisations de cours par moi-même et je suis ravie de voir qu'on peut y arriver quand même.

    Très drôle le passage sur Tarn-et-Garonne (oui je suis aussi publiciste :)), et aussi le petit commentaire "en fait c'est ça le CRFPA c'est pas SI compliqué que ça", c'est exactement ce que je me suis dit après l'épreuve d'obligations + procédure (et même renssenti : les obligations, c'est pas mon truc, j'aurai fait de mon mieux en tant que quiche ^^).

    Bref, tout ça pour dire merci d'avoir partagé ton expérience, ça fait du bien, et sur ce je vais réviser ma dernière épreuve à l'écrit ;)

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    1. Merci pour ton commentaire, c'est rigolo de voir que deux ans après, des gens viennent encore lire et se reconnaître dans cet article !

      Courage à toi pour la suite !

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