vendredi 16 septembre 2016

Juillet & août 2016 : des révisions, une écrivaine niégriane et Loana !

L'été est synonyme de temps et de moments au ralenti par chez vous ? Chez moi ça a été synonyme de "beaucoup de travail au boulot", d'examens et de rédaction de rapports de stage (oui je mets un "s" car j'ai du en rédiger 2). Autant dire que je n'ai pas vraiment beaucoup lu, ni pris le temps de voir beaucoup de film...

LES FILMS ET TRUCS A VOIR



Un bien joli petit film (comme tous les Pixar) (il y a des gens qui n'aiment pas les Pixar ?). J'ai ADORE le poulpe, élément central du film. J'ai trouvé bébé Dory bien trop mignonne. Ce personnage est hyper touchant. L'histoire en elle-même est sympa, même si un peu longue et parfois embrouillée. Je garde ma préférence pour Nemo, mais celui-là était chouette aussi.

N'est-elle pas trop mignonne ??



Un jour dans ma vie je me suis dit que je verrais tous les films de Ryan Gosling (en tant qu'acteur, parce qu'en tant que réalisateur, j'avais vu Lost River et gros bof). J'ai vu Only god forgives, Gangster squad, The place beyond the pines, les marches du pouvoir, Drive, Crazy stupid love, Blue valentine, Lars and the real girl, La faille, N'oublie jamais. 
Je dois donc voir : Half Nelson, Stay, Calculs meurtriers, The slaughter rule, Danny Balint, le plus beau des combats, Love and secrets et plus récemment The big short : le casse du siècle, The nice guys (donc il m'en reste pas mal en fait). 

Un soir j'ai donc décidé de poursuivre ma quête et j'ai lancé The United State of Leland.

Pour le pitch : Leland Fitzgerald, un frêle adolescent de seize ans, poignarde à mort un jeune garçon et se retrouve dans un centre de détention pour mineur. Il y fait la connaissance du professeur Pearl Madison avec lequel il développe une relation privilégiée. Au fil de leur conversation, Pearl met à jour l'énigmatique Leland et les raisons qui l'on poussé à commettre l'irréparable.

Ryan Gosling interprète Leland et le fait bien (comme d'hab) (#FanGirl). Le film est intéressant, il manque cependant parfois de rythme et sonne un peu creux, beaucoup de jolies phrases, beaucoup de surface. Je l'ai trouvé assez "court", pourtant il dure 1h48, mais je trouve qu'on ne prend pas le temps de creuser vraiment les personnages. On comprend vite que Leland n'est pas un garçon comme les autres et qu'il n'a pas fait ça totalement par hasard. Bref, à voir si vous voulez voir Ryan Gosling en ado torturé (et avec les cheveux bruns).



Le pitch est très drôle : Joe Bowers est l'américain de base, l'américain classique. Il accepte de participer à un programme de l'armée américaine qui propose de le faire hiberner pendant un an. Il se fait donc endormir (avec une autre nana également cobaye) sauf que évidemment ça va mal tourner et il va se réveiller 500 ans plus tard. Le monde dans lequel il va se retrouver est peuplé de gens complètement cons. Mais VRAIMENT. Les gens passent leur temps à regarder des émissions complètement stupides sur des écrans et arrosent leur plantation avec du soda. Plus on découvre ce monde avec Joe, plus on hallucine complètement. 

Comment en est-on arrivé là ? Les gens intelligents ont arrêté de se reproduire pendant que les gens bêtes ont continué à faire des enfants sans se poser de questions. Joe va se retrouver dans tout un tas de situation complètement irréels et drôles. Y-a-t-il une leçon à retenir de ce film ? Je ne sais pas du tout à vrai dire, mais il amène tout de même à réfléchir un peu sur tout ça et notamment sur cette satanée télé-réalité qui nous fascine. C'est rigolo parce que j'ai regardé ce film, et quelques jours après j'avais lu cet article à propos de Parovi, une télé réalité serbe où les gens sont tous beaufs, cons et bloqués "à vie" dans le programme. Je suis allée voir quelques images par curiosité sur Youtube et j'ai vraiment eu l'impression d'être dans Idiocracy... Comme quoi on n'est peut-être pas si loin de tout ça... 

Ça c'est le président américain dans le film.
Voila.


Comme des bêtes de Yarrow Cheney et Chris Renaud


La bande annonce était prometteuse car drôle. Il s'agit de voir ce que font les animaux pendant que leurs maîtres ne sont pas là. Evidemment, ils finissent par se retrouver à vivre une grande aventure en dehors de leur maison. C'était assez enfantin mais tout mignon. Petit coup de coeur pour le chat Chloé évidemment (et le lapin méchant/mignon).


L'ours de Jean Jacques Annaud 


Un soir on est tombé par hasard avec mon coloc sur L'Ours, c'était LE film de son enfance alors on a regardé. Je ne l'avais jamais vu et j'ai été complètement à fond pendant tout le film. Il s'agit de suivre la vie d'ours - et notamment d'un ourson orphelin trop mignon - et des chasseurs qui veulent les choper. Il est très bien fait, très touchant et très mignon. J'ai vraiment beaucoup aimé !



Secrets d'histoire sur France 2


Je suis une grande fan de Secrets d'Histoires (oui bon je sais ça va) (j'adore Stéphane Bern) (en vrai). J'adore l'histoire et je trouve que les émissions de vulgarisation de l'histoire sont formidables. Bon pas toutes. Mais celle-ci je l'aime beaucoup. Elle m'a permis de découvrir plein de personnages et d'aller plus loin, de lire certaines biographies. Cet été, ils ont fait - entre autres - un épisode sur Les Femmes de la Révolution, sur La Grande Mademoiselle : une rebelle sous Louis XIV (portrait d'Anne-Marie Louise d'Orléans), George Sand libre et passionnée. J'ai adoré et j'en redemande !

Stéphane Bern (<3)
Pour l'anecdote, j'ai du voir le Secrets d'Histoire sur Marie Antoinette environ 3 fois.
(je crains un peu je sais)

L'amour est dans le pré sur M6


Attention sujet ultra sérieux. J'avais commencé à regarder il y a quelques années, puis j'ai arrêté. J'ai recommencé à regarder il y a deux ou trois ans et depuis c'est mon rendez-vous chaque été (dans le fond je pense que je suis une ménagère de + de 50 ans). Si la saison de l'année dernière m'avait beaucoup déçu (très peu d'amour) cette année est drôle et les histoires d'amour pleuvent. Bref c'est mon rendez-vous du lundi.

Monique <3 Si tu regardes l'amour est dans le pré, TU SAIS !

Les Jeux Olympiques


Vous le savez si vous avez déjà passé des examens au mois de juin... vous finissez toujours devant Roland Garros au lieu de bosser. Là c'était un peu pareil pour moi en août. Il y a eu une semaine où je n'ai fait quasi que ça... Dure ma vie ! Mais sans déconner je me suis passionnée pour le judo (Teddy Rinner et Emilie Andéol), pour le kayak, la boxe, la natation, le water-polo... Mes révisions m'ont rattrapé et j'ai fini par décrocher mais les émissions sportives sont définitivement la kryptonite des étudiants qui révisent ...

Emilie Andéol.
J'ai adoré ce moment, même si je ne comprends RIEN aux règles du judo.


Mon voisin Totoro de Hayao Miyazaki


Je connais mal les Miyazaki, j'ai juste vu Porco Rosso petite et Le vent se lève dernièrement. Il fallait donc remédier à ça. D'autant plus qu'il s'agit d'un des réalisateurs préférés de mon copain. On a donc commencé avec Mon voisin Totoro que j'ai adoré. Il s'agit d'un papa et de ses deux filles qui s'installent dans une maison à la campagne. J'ai adoré la poésie de ce dessin-animé, les petites filles, leur papa, TOUT ! C'est très mignon, très bien fait et charmant. Coup de cœur pour ce film.

Pour être honnête, on a aussi regardé le voyage de Chihiro mais je me suis endormie avant la fin... loose.



Ghostbuster de Paul Feig


Je pense que sur ce film je ne serais pas objective. Je suis désolée, je ne peux pas l'être. Je ne suis pas une grande fan des deux premiers films, je les ai vu mais ce ne sont pas mes films préférés.
J'ai bien aimé celui-là et je crois que je l'aime bien pour de "mauvaises raisons". En soi il est un peu loufoque, tiré par les cheveux, le scénario n'est pas fou MAIS le réalisateur a fait le choix de faire le film avec 4 personnages féminins et ça, ça me plaît. Oui c'est peut-être un peu nul comme raison pour aimer un film mais laissez-moi vous expliquer.

Il s'agit de 4 femmes - Abby, Erin, Jillian, Patty - avec 4 personnalités différentes, qui ont pour passion commune : la chasse aux fantômes. Trois d'entre elles sont des scientifique. A aucun moment, il n'est fait allusion à leur vie personnel, ce n'est pas le sujet du film. Sont-elles hétérosexuelles ? Ont-elles un petit-ami, un mari, des enfants ? On s'en fiche, ce n'est pas le sujet du film. Le sujet du film c'est 4 femmes badass qui décident de capturer des fantômes et c'est tout. Et ça c'est COOL, c'est hyper rafraîchissant. Ça fait du BIEN de voir ça pour une fois BORDEL! Vraiment. Après comme je l'ai déjà dit, le film en lui-même n'est pas transcendant, il est divertissant et agréable. Mais j'ai pensé à toutes les petites filles qui le verront, elles verront que tu peux être une scientifique cool et qu'on s'en fout de ton physique, tu peux sauver le monde ma fille ! Tu peux même le faire en talons hauts si ça te chante mais on s'en fiche à vrai dire ! Oui, dans ce film le physique des femmes ne compte pas.

Et on en parle de Kevin ? Un des seconds rôles du film. Il est engagé pour faire la secrétaire de la bande. Il est clairement engagé parce qu'il est mignon même si con comme un balai. Et (attention spoil), ce sont ELLES qui vont le sauver des "méchants". Je ne suis pas pour qu'on combatte le sexisme par du sexisme mais ça permet aussi parfois de se rendre compte à quel point la situation est ridicule. Quatre mecs qui engagent une nana sexy mais bête, ça aurait été classique, les gens auraient ri aux blagues crasseuses. Là, quatre nanas qui engagent un mec juste parce qu'il est sexy c'est complètement absurde. Bref, si vous avez une petite fille dans votre entourage, montrez-lui ce film, ça lui montrera qu'elle a le droit d'exister autrement que par son physique.




Suicide Squad de David Ayer



Je ne comprends pas pourquoi ce film a eu autant de mauvaises critiques. Moi j'ai vraiment passé un bon moment. Les acteurs jouent bien, l'intrigue tient à peu près la route, les effets spéciaux ne sont pas moches. Rien à redire.

Encore une fois je ne m'y connais pas beaucoup en Comics, l'univers DC ça ne me parle pas plus que ça (même si j'ai un copain qui aime beaucoup ça donc ça ne m'est pas totalement inconnu) mais c'est sans doute aussi pour ça que j'apprécie ce genre de films : je n'en attends absolument rien, si ce n'est de me distraire. Je dirais même que celui-là m'a réconcilié avec le genre super-héros. Je n'avais pas aimé Civil War, je n'avais pas non plus aimé Batman vs Superman, ces films m'avaient gonflé plus qu'autre chose. Deadpool m'avait plu mais m'avait un peu déçu (oui je dois être la seule personne au monde à trouver ce film trop lisse). Suicide Squad réunit les bad guys, les méchants qui doivent - grosso modo - sauver le monde (qui se résume comme d'habitude aux USA). J'ai toujours trouvé les méchants bien plus cool et bien plus intéressants que n'importe quel gentil. Je déteste Captain America que je trouve bien trop niais, idem pour Superman. J'aime bien Batman qui est ambivalent mais je déteste le Batman joué par Ben Affleck.

On retrouve donc dans ce film : Deadshot un tueur à gages super fort, Captain Boomerang, El Diablo, Killer Croc et Harley Quinn. Grosse mention pour Harley Quinn que j'adore évidemment, même si on aurait pu se passer de la tenue hyper sexy et des gros plans sur son corps (serait-ce possible d'avoir un film sur les super héros non sexistes ?). Quant à Jared Leto qui fait apparemment l'objet de nombreuses critiques, honnêtement je ne les comprends pas vraiment. Oui c'est un nouveau Joker, oui c'est un joker moderne, bling bling, mais ce n'est pas mal joué. Il l'interprète à sa façon c'est tout. J'ai été assez surprise de voir que la boss suprême était une femme, une femme noire qui plus est... C'est suffisamment rare pour être souligné.

Bref ce film ne mérite vraiment pas toutes les mauvaises critiques dont il fait l'objet, moi il m'a plutôt bien plu !




LES LIVRES



Vous le savez, je suis une grande fan de la série Girls, réalisée par Lena Dunham. Elle a sorti un livre il y a quelques temps, que j'ai trouvé en allant à Emmaüs. Je me suis ruée dessus (ouais parce qu'autant l'acheter 25 euros bof, autant 2 euros ça m'intéressait déjà plus). J'étais pas sûre de vouloir le lire en réalité. La vie en elle-même de Lena Dunham ne m'intéressait pas vraiment, même si je sais qu'elle est féministe, cool etc etc. Sa série me plaît beaucoup, je ne voulais pas "tout gâcher" en lisant son livre. Ce livre se veut être un "antiguide à l'usage des filles d'aujourd'hui".

Quelle déception ! Je pensais qu'elle allait évoquer son cheminement vers le féminisme, comment une femme qui a la trentaine aujourd'hui vit sa vie, combat les clichés, comment elle se construit, ça aurait été vraiment intéressant. A la place j'ai eu 300 pages de "l'enfance et l'adolescence de Lena Dunham en long, en large et en travers". Comment dire simple ? Je m'en fous en fait.
Elle nous raconte ses histoires d'amour ratés, son rapport compliqué à la bouffe, sa famille, ses copines... Bref la vie. Certains passages sont un peu touchants mais il s'agit plus dans le fond qu'une compilation d'anecdotes pathétiques.

Sinon, au cas où vous l'ignoreriez encore, Lena Dunham a un petit côté folledingue (exactement comme son personnage dans Girls), elle va voir des psys, se posent des questions cheloues sur la vie, mais j'ai envie de dire : comme tout le monde ! Si vous avez la trentaine et que vous doutez encore du fait d'être "normal", lisez ce livre, ça vous réconfortera (coucou on est tous plus ou moins tarés).
Bref, la lecture de ce livre m'a plutôt ennuyé. Passez votre chemin et regardez sa série c'est bien mieux !
Pour être complètement honnête à l'heure où j'écris tout ça, j'avais zappé avoir lu ce livre, je n'ai donc pas du tout la sensation d'avoir "gâché" quelque chose en le lisant, comme je le craignais quand je l'ai acheté.


On passe à un autre registre. Quoique... Au final, il s'agit aussi d'une jeune femme qui raconte sa vie dans un bouquin. Je suis même en train de me demander si je n'ai pas préféré le livre de Loana au livre de Lena Dunham (c'est un comble). Je l'ai acheté 1 euro à Oxfam et je l'ai lu en deux heures au parc sous le soleil.

Remettons les choses dans leur contexte. J'ai une affection toute particulière pour Loana. Quand Loana & co sont entrés dans le loft j'avais 12 ans, j'étais en 6ème et j'ai littéralement adoré le concept. Il y a peu, j'ai re-regardé des images du loft 1 et j'ai été assez étonnée de voir à quel point ils étaient "normaux". A l'époque, Loana, Jean Edouard, Aziz, Kenza, Laure, Steevy, Philippe (etc) étaient des jeunes adultes à qui on a proposé cette expérience, sans savoir vraiment ce que ça allait donner. Personne ne s'attendait à un tel succès. Aujourd'hui les jeunes qui rentrent dans Secret Story ou Les Anges sont tous des Nabilla en herbe et veulent avoir leur quart d'heure de gloire. Ils se ressemblent d'ailleurs tous plus ou moins. En 2001, c'était vraiment différent.
Je ne suis pas en train de vanter les mérites de la téléréalité à ses débuts, juste vous poser le contexte.

Loana a gagné Loft Story n°1, avec Christophe et 15 ans après personne n'envie son parcours et sa vie. Ce bouquin elle l'a écrit à la sortie du loft, elle y raconte son enfance et son adolescence, ce qui l'a amené dans le loft et comment elle vit sa soudaine célébrité. C'est écrit de façon simpliste, rien de profond. On y apprend des choses assez moches, son père battait sa mère, puis l'a battu elle, elle a du arrêter l'école à 16 ans (alors qu'elle adorait ça), elle a eu une longue histoire d'amour avec un garçon pendant 6 ans, elle a fait deux tentatives de suicide, elle a faillit crever parce que mal soignée, elle a eu une petite fille qu'elle a préféré confier à l'aide sociale à l'enfance faute de moyens, bref la vie de Loana avant le loft n'était pas rose du tout. En soi, lire ce bouquin n'a pas changé ma perception des choses, ça a juste confirmé ce que je pensais déjà. Loana, quand elle est entrée dans le loft, c'était juste une gamine paumée. Pour moi, Loana c'est le symbole même de ce que la télé-réalité et les médias peuvent faire de pire. On a pris une nana naïve, faible psychologiquement, pour la mettre sous la lumière des caméras et lui faire croire qu'elle allait devenir une star. Déjà fragile en rentrant dans le loft, en sortant c'était pire. J'ai refermé ce bouquin en étant finalement assez triste. Moi quand je vois Loana à la télé aujourd'hui, bouffie, après avoir fait 15 tentatives de suicide et avoir essayé tant bien que mal de trouver sa voie, je me sens triste pour elle. Surtout que dans ce petit livre tout niais, elle raconte ses espoirs et ses rêves pour l'avenir, ça fait assez mal au coeur finalement.

Lofteur up & down, lofteur move around, ooooohohohoh



Dans la lignée du I, drôle, très étonnant, pertinent, épatant, choquant parfois. A lire. Oui je n'ai rien d'autre à dire, c'est Riad Sattouf et j'aime ce que fait Riad Sattouf.



Une femme d'Annie Ernaux



C'est ma prof de sociologie au lycée qui nous a fait découvrir Annie Ernaux en nous faisant lire La Place.
Annie Ernaux écrit des "romans autobiographiques". "La Place" évoque son père. "Une femme" évoque sa mère. Dans les deux livres, elle souhaite leur rendre hommage et souhaite donc raconter leur vie le plus "froidement" possible. Son récit est donc assez court, épuré, et facile à lire. On n'est pas du tout né à la même époque (elle est née en 1940) (avant ma propre mère) mais je m'identifie facilement à ce qu'elle raconte. Annie Ernaux parle avec une grande justesse de l'écart qu'on peut ressentir avec sa famille quand vous commencez à faire des études supérieures et que ce n'est pas forcément le cas de vos parents... Dans "Une femme" elle décrit sa maman de la même façon que j'aurais pu décrire la mienne, c'est assez fascinant. C'est un petit livre que j'ai lu rapidement mais qui m'a fait beaucoup de bien.


Americanah de Chimamanda Ngozie Adichie



Attention gros gros coup de coeur pour ce livre. Je pourrais vous en parler pendant des heures je crois.

On suit une jeune femme : Ifemelu, de son enfance au Nigéria, aux Etats-Unis où elle passe plusieurs années, avant de revenir au Nigéria. En parallèle, on suit également son amour de jeunesse, Obinze avec en filigrane cette question : vont-ils finir par se retrouver ?
Pour le savoir, il va falloir lire le livre. Mais au final, ce n'est même pas le plus important (enfin pour moi).

J'ai énormément appris avec Ifemelu, sur le Nigéria d'abord, sur les Etats-Unis, sur le Royaume-Uni, sur le racisme, sur ce que ça fait de vivre dans un pays qui n'est pas le sien, comment survivre, comment s'en approprier les codes, comment vivre un amour éloigné, comment on devient adulte, comment on se construit, qu'est ce que ça signifie "réussir dans la vie", comment aimer quelqu'un qui n'a pas la même culture... ? Etc, etc, etc. Oui tout ça dans un livre. En même temps il y a 600 pages. C'est absolument passionnant.

Quand Ifemelu arrive aux Etats-Unis c'est une toute jeune femme venue pour ses études. Elle va alors connaître les difficultés pour s'intégrer et le racisme. Ce petit racisme ordinaire et insidieux. L'hypocrisie des américains. La différence entre afro-américains et africains. Son ressenti est particulièrement intéressant. J'ai souri (jaune) en lisant ce livre car je me suis malheureusement reconnue parmi tous ces gens qui se disent ouverts d'esprit mais qui font preuve de racisme parfois, sans même s'en rendre compte. Je me suis reconnue dans cette fille blanche qui a tendance à dire de toutes les nanas noires qu'elle croise "elle est magnifique" comme pour dire "regardez je suis ouverte, regardez j'intègre toute le monde". Ifemelu tient un blog aux Etats-Unis, dans lequel elle parle de couleur de peau, de racisme, d'intégration... Dans le livre, il y a des extraits. Ils sont hyper intéressants et éclairants. Non seulement ce roman est hyper prenant, on s'attache aux personnages, on a envie de savoir ce qu'il va advenir de Ifemelu et de Obinze, mais on y apprend également énormément de choses.

Pour info, l'écrivaine est née au Nigéria et est partie à l'âge de 19 ans aux Etats Unis, je pense donc qu'elle n'invente pas ces éléments "culturels" du roman.

J'ai acheté deux autres livres d'elle, tellement j'ai adoré.

Petit extrait :

"Si vous dites que la race n'a jamais été un problème, c'est uniquement parce que vous souhaitez qu'il n'y ait pas de problème. Moi-même je ne me sentais pas noire , je suis devenue noire qu'en arrivant en Amérique. Quand vous êtes noire en Amérique et que vous tombez amoureuse d'un Blanc, la race ne compte pas tant que vous êtes seuls car il s'agit seulement de vous, et de celui que vous aimez. Mais dès l'instant où vous mettez le pied dehors, la race compte. Seulement nous n'en parlons pas. Nous ne mentionnons même pas devant nos partenaires blancs les petites choses qui nous choquent et que nous voudrions qu'ils comprennent mieux, parce que nous craignons qu'ils jugent notre réaction exagérée ou nous trouvent trop sensibles."

Et pour l'anecdote rigolote, dans Orange is the new black (je suis en plein visionnage de la saison 4) à un moment un des personnages lit ce livre. (Qui a dit on s'en fout ?)



J'ai fini la BD aujourd'hui (le 7 août) et je souhaitais en parler tout de suite parce que sinon je vais probablement oublier et "me calmer".

Marion Montagne a réalisé cette BD en collaboration avec un couple de sociologues les Pinçot Charlot qui ont notamment beaucoup travaillé sur la sociologie de la bourgeoisie. Cette BD vulgarise leurs travaux de sociologie. J'adorais la sociologie quand j'étais au lycée, j'ai même hésité à faire une licence de sociologie après le bac (et je regrette un peu aujourd'hui de ne pas l'avoir fait) (3615 MA VIE). Avec cette BD j'ai donc retrouvé des concepts que j'ai connus il y a bien longtemps. M'étant toujours intéressée à la matière, je savais à peu près de quoi ça parlait. Cette BD nous apprend ce qu'est la bourgeoisie (il ne suffit pas d'avoir plein de sous), quels sont ses codes, comment elle est organisée et... comment elle nous domine.

La première partie est vraiment explicative, on apprend comment tout ce petit monde fonctionne. La toute fin est bien plus acerbe. Elle nous enseigne comment la bourgeoisie entube le reste du monde et trouve ça tout à fait normal. Je le savais déjà mais cette petit piqûre de rappel a quand même sacrément piqué. Je m'interroge beaucoup ces derniers temps sur le monde dans lequel on vit, sur où l'on va. Je suis très pessimiste quant à notre avenir. Ça ne m'empêche pas d'essayer de faire des choses positives mais j'ai du mal à croire à un bel avenir. J'ai plutôt tendance à penser qu'on va droit dans le mur, et je ne vois pas très bien ce qui peut "nous sauver".

La BD nous enseigne comment les riches de ce monde restent entre eux et font tout pour que ça ne change pas, ils tirent l'essentiel de leurs revenus de placements qu'ils ont fait (ou que leurs ancêtres ont fait), ils sont organisés, ils se connaissent tous, ils vivent dans leur monde et défendent leurs intérêts de classe auprès des hommes politiques qui viennent la plupart du temps du même monde qu'eux. Cette petite caste dominante nous domine en nous vendant toutes sortes de trucs pour qu'on évite de réfléchir plus loin que le bout de notre nez, au choix comme ça je dirais : des iphone, des match de foot, des Jeux Olympiques... (du pain et des jeux pour le peuple!) (dit la meuf qui a regardé les Jeux Olympiques) (oh ça va). Ils ont réussi à faire de l'individualisme la norme suprême. Et suprême entubage, quand vient une crise (causée par leurs activités) c'est au peuple qu'ils demandent de faire un effort. Oui toi avec tes 1500 balles par mois. Résultat : on vit tous dans notre petit monde, on ne se soucie pas beaucoup des problèmes de nos voisins et on n'est absolument pas organisé pour contrer tout ça.

Encore une fois je savais déjà tout ça mais ça m'a conforté dans certaines de mes opinions, notamment le fait que voter pour les partis traditionnels n'a plus aucun intérêt. Ils défendent tous les mêmes intérêts et ce ne sont pas des valeurs que j'ai envie de défendre. Non je ne voterais pas FN non plus, je n'ai pas encore tourné vieille mégère blondasse raciste (coucou Marine) (et ce parti est loin d'être anti-système de toutes façons).

Pour revenir à la BD, elle était vraiment chouette et m'a donné envie de refaire de la sociologie.



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