samedi 29 mars 2014

J'ai vu ... #4

HER

(Cuir cuir) Moustache.


Imaginez un futur plus ou moins proche où vous n'aurez plus de smartphone, plus d'ordinateur tels que nous nous l'entendons mais une oreillette qui vous relierait à tout et qui vous permettrait de tout commander, ce qui suppose de parler tout seul dans la rue quasiment en permanence. Vous me direz, certains le font déjà très bien maintenant et même si moi je me suis habituée à voir des gens se balader avec le kit main libre dans la rue, je me dis toujours que les personnes âgées doivent les prendre pour des dingues. Dans ce même monde, les gens sont tous habillés dans une même gamme de couleurs : du saumon au marron en passant par le rouge et orange, ce qui donne paradoxalement un côté très 70's. 

Tout à coup, sont lancés sur le marché des Operating System gérés par des intelligences artificielles avec lesquels vous pouvez communiquer, parler, raconter votre vie, rire, faire à peu près tout ce que vous voulez comme avec un être humain normal sans le moindre contact physique cependant (quand j'y pense c'est un peu le rêve moi qui n'aime pas les gens). D'autant plus que potentiellement, les interactions sont  infinies étant donné que l'OS apprend tous les jours bien plus vite que vous (ce qui peut devenir complètement flippant on est d'accord)

Coucou monde monochrome. 

On se retrouve alors avec un homme en instance de divorce qui après avoir installé l'OS va tomber amoureux d'elle. Si vous êtes un être humain comme moi vous vous dites : WHAT ? Sinon c'est que vous êtes probablement plus ouvert d'esprit que moi, ou plus technophile. 

Je suis allée voir ce film en me disant que ça allait sans doute un peu ressembler à Lars & The Real Girl, le film ou Ryan Gosling (Ryan <3) tombe amoureux d'une poupée gonflable. Je me mettais le doigt dans l'oeil. Rien a voir. Là où le comportement de Ryan s'explique par une certaine misère sexuelle et une misère sociale tout court, paumé dans son patelin au fin fond des US, Joaquin Phoenix vit dans une très grande ville (existe-t-il encore des villages dans ce monde ?) et même si c'est loin d'être suffisant pour se prémunir de la misère sociale et sexuelle (je dirais même au contraire) il a un job (que j'adorais avoir soit dit en passant, même si c'est complètement immoral), des amis, et une ex-femme, ce qui laisse supposer qu'il n'est pas totalement un handicapé des relations sociales. J'avoue que j'ai donc eu du mal à comprendre comment il pouvait arriver à tomber amoureux de son OS, même s'il faut avouer qu'elle a une voix diablement sexy (Scarlett Johannson CIMER) et qu'ils s'entendent bien. Je n'ai pas pu m'empêcher pendant tout le film, même pendant les scènes censées être émouvantes, poignantes : BORDEL DE MERDE C'EST UN PUTAIN D'ORDINATEUR.
Pourtant je suis une fille ouverte d'esprit, j'accepte toutes formes d'amour quels qu'elles soient (à partir du moment où ça se passe entre adultes humains consentants) mais là je n'ai pas su me détacher de cet aspect "ordinateur" des choses et trouver cette relation émouvante ou même mignonne. Aucune des scènes ne m'a ému plus que ça (et si c'était moi le robot ?).

Surtout qu'encore une fois, si j'avais trouvé des excuses à Ryan, si j'avais fini par le trouver touchant et par aimer cette histoire d'amour aussi cheloue soit-elle, là Joaquin n'a aucune "excuse". (Quand on y réfléchit c'est finalement très bizarre que je trouve ça moins flippant de tomber amoureux d'un truc en plastique qui donc n'exprime aucune émotion, plutôt que d'un ordinateur qui parle et "ressent des choses".) 
Quant aux réactions de son entourage, je pensais sincèrement que les gens seraient plus dérangés que ça. Là, ses potes lui disent "ouais okay pourquoi pas ?" et changent de sujet de conversation (sauf sa femme qui a une réaction relativement "saine" je trouve). Il faut sans doute que je sorte du prisme "2014" et que je pense "2030" mais j'y peux rien, je n'ai pas pu m'empêcher de trouver ces réactions illogiques. Encore une fois si je compare avec Lars and the real girl, dans son entourage les gens le trouvent barges au début mais ils comprennent que pour l'aider, il faut jouer son jeu (j'adore ce film au cas où vous n'auriez pas compris)
Et c'est là que j'ai compris que je m'attendais sans doute à autre chose de ce film, je projetais déjà de le comparer à Lars and the real girl avant même de l'avoir vu et je me rends compte que ce n'est pas comparable, que HER est un film unique en son genre, une sorte d'OVNI, une idée de ce que pourrait être notre futur plus ou moins proche et les relations sociales qui en découleraient et croyez-moi si c'est ça, je n'ai franchement pas envie d'y être. 

Là vous le voyez pas mais en réalité il passe un super moment en tête en tête avec sa copine.


Sinon pour les scènes avec son ex-femme, je les ai trouvé vraiment très belles et intéressantes pour le coup, ça m'a beaucoup fait penser à My Blue Valentine (tiens tiens encore un film avec Ryan) dans le genre "flashback sur ce qu'était notre couple quand on prévoyait encore de faire notre vie ensemble".

Une chose est sûre et certaine, ce film est dérangeant, déroutant mais m'a laissé un peu de marbre, le genre de film où je ressors de là sans trop savoir quoi dire et moi j'aime bien quand j'ai ressenti tellement de choses que je peux dire si c'était génial ou pourri, si c'était drôle ou affligeant...

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