dimanche 2 mars 2014

Vingt cinq ans.


Dans quelques jours/semaines, j'aurai 25 ans. 25 ans (25 25 25 25 25)
L'heure du bilan (hum). Il n'y a pas si longtemps lorsque j'étais en soirée, une nana m'a dit qu'on vivait plus ou moins bien les anniversaires selon ce qu'on attendait de la vie à ce moment-là et C'EST CA, elle avait totalement raison. Il y a des âges que j'ai détesté avoir parce qu'ils me paraissaient étranges, un peu nuls, sans signification aucune, et puis sans doute que je ne me sentais pas vraiment bien dans mes baskets à ce moment-là. D'habitude quand je rentre dans le mois de mon anniversaire et qu'on me demande mon âge, je donne mon âge à venir, sans que ça ne me pose trop de soucis. Là cette année j'ai du mal. Ne vous y méprenez pas, je suis plutôt contente d'avoir 25 ans, ça fait "grand" et ça ne me dérange pas de "faire grand", simplement la petite fille qui est en moi s'attendait à autres choses de ces 25 ans je crois. 
Quand j'étais petite - comme beaucoup de gosses je pense - je voulais grandir vite, alors je m'imaginais ce que serait ma vie à 20-25 ans, ce que serait ma vie d'adultes. Clairement, on est loin de ce que j'avais pu imaginer. A 8 ans, j'imaginais qu'à 25 ans, j'aurais un copain, forcément beau, musclé et fort qui ferait un métier cool genre chanteur dans les 2BE3 (même si bon valait mieux pas pour lui vu ce qu'est devenu Filip), je m'imaginais aussi avoir moi-même un métier cool du genre mannequin/productrice de musique/acheteuse de vêtements, et je pensais surtout que j'aurais un bébé. Bref, je pensais que ma vie serait une sorte de Sous le Soleil permanent, sauf que je vis à Lille, c'était donc déjà plutôt mal partie. 

Années 90 POWER.

Pour le bébé, on repassera...

Nous, petites filles du monde occidental, on grandit quand même pas mal avec l'idée que pour réussir une vie de femme totalement accomplie, il FAUT procréer. Aujourd'hui j'ai bientôt 25 ans et s'il y a encore quelques années, il était peu concevable pour moi de ne pas avoir d'enfants, aujourd'hui cette idée ne me paraît pas si absurde. Alors qu'il y a quelques années, à l'adolescence, j'envisageais d'avoir des enfants aux alentours de 28 ans, je me dis aujourd'hui que 28 ans c'est dans trois ans, trois putains d'années et que je suis loin d'être prête pour ça, très loin. En fait c'est paradoxal, si on en croit ce que la société me dit depuis que je suis petite, plus le temps passe, plus je devrais avoir envie de procréer et bien chez moi l'effet est tout inverse. Sans doute, parce que plus je grandis, plus je réfléchis à ce dont je veux vraiment MOI et j'essaie de ne pas faire en fonction de ce que la société me dit de faire. Sans doute aussi parce qu'avec la maturité aidant je réalise bien plus ce que signifie faire un enfant, ça signifie des responsabilités et tout le tralala qui s'en suit mais ça signifie surtout changer de vie, du tout au tout. Je réalise que ce n'est pas juste un "rêve de petite fille" et que si un jour je fais un enfant, ce sera sans doute encore plus dur que ce que je peux imaginer. 

Partir un jour, sans retour, effacer notre amour, sans se retourner, ne rien regretter ...

(j'ai écrit ça de mémoire les gars)

Niveau amour, love, sexe, coeur, paillettes, je pense que mon moi de 8 ans serait satisfaite, mon copain ne ressemble pas à un chanteur des 2BE3, il est un peu moins musclé, il correspond moins à certains standards de beauté, je ne l'ai encore jamais entendu chanter, sauf les lacs du Connemara (Michel une pensée pour toi) en fin de soirée comme à peu près tous les gens bourrés de ma génération, mais s'il y a bien une chose que je sais, c'est que c'est chouette d'être avec quelqu'un comme lui, c'est chouette d'être à deux. Je me suis pas mal trompée en amour, je suis tombée amoureuse du mauvais gars, puis j'ai cru que j'étais amoureuse, j'ai beaucoup appris, je suis tombée, je me suis relevée, aujourd'hui tous les jours je me sers des erreurs que j'ai pu commettre dans le passé pour ne pas refaire les mêmes avec lui.  L'expérience, la maturité, ces trucs si précieux. Parfois j'aimerais retourner voir mon moi de 17 ans et lui dire toutes les choses qu'elle aurait pu faire autrement, différemment pour que ça se passe mieux. Ca fait du bien d'être deux, d'avoir quelqu'un sur qui on peut compter.

Tiens je ne l'avais pas ce poster là.
Star Club n'a pas du le sortir.


Ma petite entreprise.


Là où le bat blesse le plus, c'est sans doute d'un point de vue professionnel. Si j'ai très vite compris que je ne serais pas mannequin et qu'au final ce n'était pas plus mal, ça fait à peu près 15 ans que je ne sais pas quoi faire de ma vie. J'ai bien eu des idées, des rêves, des envies mais je suis une fille plutôt tranquillou pépère moi, je me suis laissée porter pendant des années, le collège, le lycée, la fac dans laquelle je me suis inscrite par défaut, puis tout qui m'est revenu dans la gueule à la fin de mon master 2 "et maintenant on fait quoi ?". Les études, ce temps béni où tu peux te dire "on verra plus tard". Puis ce grand vide. 

Je commence aujourd'hui tout juste à amorcer l'idée que oui j'ai 25 ans et je suis toujours paumée quant à mon avenir professionnel mais que dans le fond ce n'est pas si grave, que je peux avoir 1000 vies en une si ça me chante, que je ne suis pas obligée de choisir un job maintenant POUR TOUTE LA VIE. C'est ce "pour toute la vie" qui m'angoisse le plus je crois. Mais c'est la faute à la société (comme d'hab, quelle connasse celle-là) qui nous définit tous par rapport à notre profession. Quand vous rencontrez quelqu'un pour la première fois, vous finissez forcément par lui demander : "sinon tu bosses dans quoi ?", ça ne nous viendrait même pas à l'idée de demander quels sont ses passions, ses rêves... On se définit par rapport à notre CDI. 
En même temps, c'est logique, on est censé passé 35h (voire plus) de nos heures par semaine à faire ce job, il est supposé être révélateur de notre personnalité. Simplement, j'a la sensation que ma génération (toi aussi tu as les Who dans la tête ? ne me remercie pas) est plus complexe que ça. Ma personnalité est plus complexe que ça, je n'attends pas seulement de la vie un job stable et une jolie maison en banlieue, j'attends qu'elle soit un feu d'artifice. Je suis complexe, je veux tout et son contraire, je vous l'ai déjà dit. Je sais que je pourrais m'épanouir dans 1000 jobs différents, si bien que tous les jours j'imagine 1000 carrières différentes. La clé du truc c'est finalement de se dire que mon job ne me définira pas, difficile dans une société capitaliste.

Et maintenant ?


Mon moi de 8 ans avait sans doute oublié un point essentiel (mais bon à 8 ans...): être bien dans mes baskets. 
Vous m'auriez posé la question il y a 4-5 ans, je vous aurais sans doute répondu que non. C'est bête à dire, mais l'affirmation de ma personnalité est passée par l'affirmation d'un style vestimentaire. Je porte aujourd'hui des choses que je n'aurais pas mis il y a 4 ans. Ce n'est rien de foufou et ce n'est pas une question d'assumer, c'est juste qu'il y a 4 ans, je ne faisais pas les bons choix vestimentaires, j'avais une idée de ce que je voulais être, sans pour autant y parvenir. Et ça c'était valable pour les fringues mais aussi pour des milliers de choses. Depuis, j'ai appris à sélectionner les vêtements que j'aime, à porter des trucs pour moi et non pour plaire aux autres, à mon copain, mes amis. Et encore une fois ceci est valable pour des milliers de choses. 
J'aime bien ce que je suis devenue, j'aime bien ma passion pour les vernis, j'aime bien aller au cinéma régulièrement, j'aime bien collectionner les rouges à lèvres, j'aime bien lire des biographies historiques, regarder des vidéos sur youtube, j'aime bien réfléchir sur le féminisme, l'écologie, le capitalisme, la politique, j'aime bien refaire le monde avec mes colocs, j'aime bien le fait que je m'intéresse à tout, j'aime bien aller à la Fnac et que ça me donne encore envie de tout lire, j'aime bien partager les passions de mon copain, j'aime bien les jeux de société, j'aime bien avoir des lubies pendant quelques jours/semaines/mois, puis passer à autre chose, j'aime bien la bière, j'aime bien aller courir et dépasser mes limites,  je m'aime bien un peu folle, avec mes angoisses, mes manies, mes folies, j'aime être têtue, en retard, intransigeante. Globalement, je me sens mille fois mieux dans mes baskets aujourd'hui, j'ai l'impression de mieux me connaître, mieux m'aimer. C'est sans doute ça grandir. Devenir adulte. Loin des clichés que je m'en faisais quand j'avais 8 ans.

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